4 décembre 2012 / 11:39 / il y a 5 ans

Nouveaux bombardements près de Damas, l'Otan aide Ankara

<p>Quartier d'Akraba, dans la banlieue de Damas. L'arm&eacute;e syrienne a continu&eacute; mardi &agrave; bombarder les quartiers rebelles des faubourgs de Damas, dans une contre-offensive nourrie face &agrave; l'avanc&eacute;e des rebelles vers le centre de la capitale. /Photo prise le 1er d&eacute;cembre 2012/Thair Al-Damashqi/Shaam News Network</p>

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Les forces de Bachar al Assad ont poursuivi mardi leurs bombardements dans les faubourgs du sud de Damas, la capitale syrienne où la réduction de la présence de l'Onu et de l'Union européenne est un signe supplémentaire de la dégradation de la sécurité près du coeur du régime syrien.

Les combats des derniers jours autour de l'aéroport international de Damas ont conduit les compagnies aériennes à suspendre leurs vols. EgyptAir, qui voulait reprendre ses liaisons lundi, a dû y renoncer.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition basée à Londres, les combats de lundi ont fait 200 morts à travers le pays, dont une soixantaine dans le seul secteur de Damas.

Dans le centre de la capitale, plusieurs explosions on été entendues mardi.

"J'ai entendu quatre ou cinq explosions terribles. Peut-être des bombes-barils", a déclaré une habitante, faisant référence au type de bombes lancées récemment par des hélicoptères de l'armée sur les zones rebelles.

Les insurgés qui cherchent depuis plus de vingt mois à renverser le président Assad ont marqué des points ces dernières semaines face aux forces gouvernementales, prenant le contrôle de bases militaires dans le nord et l'est du pays. Ils tiennent aussi plusieurs quartiers proches du centre de la capitale.

Depuis deux jours, des informations circulent sur un possible recours aux armes chimiques par les forces pro-Assad, ce que le gouvernement de Damas a vigoureusement démenti.

VERS DES MISSILES PATRIOT POUR LA TURQUIE

Le président américain Barack Obama a mis en garde lundi son homologue syrien contre l'utilisation de telles armes, assurant qu'il y aurait des conséquences si Damas commettait cette "erreur tragique".

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Djihad Makdissi, a fait défection il y a quelques jours et quitté la Syrie, nouvelle illustration de l'affaiblissement du régime. Selon l'OSDH, il a pris lundi à Beyrouth un avion à destination de Londres.

Face à l'escalade de la violence dans la région de Damas, les Nations unies et l'Union européenne ont réduit leur présence dans la capitale syrienne.

L'Onu a annoncé lundi la suspension de ses opérations humanitaires, le retrait de l'ensemble de son "personnel international non essentiel" et le confinement dans la capitale du reste de ses employés.

Sur la centaine d'employés internationaux présents en Syrie, 25 pourraient quitter le pays dans la semaine, selon l'Onu, qui précise que son personnel ne dispose pas d'assez de véhicules blindés, alors que des convois humanitaires sont régulièrement pris dans les affrontements entre rebelles et armée syrienne.

A Bruxelles, un responsable de l'UE a annoncé que le bureau de l'Union européenne allait réduire ses activités au strict minimum à Damas "en raison des conditions de sécurité".

Les convois d'aide assurés par le Croissant rouge arabe syrien et d'autres associations caritatives se poursuivent toutefois partout où les routes sont ouvertes.

A Bruxelles toujours, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan devraient donner dans la journée leur feu vert au déploiement de missiles Patriot pour renforcer les défenses turques à la frontière syrienne.

HEURTS AU LIBAN À TRIPOLI

Ankara, qui redoute une extension du conflit syrien sur son territoire, en a fait la demande le mois dernier après plusieurs semaines de négociations sur les moyens à mettre en oeuvre pour sécuriser les 900 km de sa frontière avec la Syrie.

Les missiles en question pourraient être fournis par les Etats-Unis, l'Allemagne ou les Pays-Bas. Dans ces deux derniers cas, l'aval des parlements nationaux pourrait être nécessaire.

A l'ouverture de la réunion, le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a lui aussi souligné que l'utilisation d'armes chimiques par Damas entraînerait une réponse internationale immédiate.

"Le stock syrien d'armes chimiques est un grave sujet de préoccupation. Nous savons que la Syrie possède des missiles, nous savons qu'elle a des armes chimiques, alors cela doit entrer dans nos calculs", a-t-il dit. "C'est aussi la raison pour laquelle il y a urgence à assurer la défense de notre allié turc."

Au Liban, des heurts se sont produits mardi dans la ville de Tripoli entre des sympathisants des insurgés syriens et des partisans du président Assad.

La composition démographique de Tripoli, ville portuaire à majorité sunnite avec une petite minorité alaouite, en fait une poudrière reflétant le conflit syrien voisin, qui oppose essentiellement des sunnites à la minorité alaouite, une branche du chiisme dont est issu le président Assad.

Les tensions se sont aggravées depuis la mort en Syrie de 14 Libanais et Palestiniens du nord du Liban qui avaient, semble-t-il, rejoint la rébellion syrienne. Ils sont morts dans une embuscade tendue par l'armée syrienne près de la ville de Tel Kalakh, dans la province de Homs.

Avec Khaled Yacoub Oweis au Caire, Erika Solomon à Beyrouth, Mohammed Abbas à Londres, David Brunnstrom à Bruxelles et Stephanie Nebehay à Genève, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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