Procès d'un ancien trader de la Caisse d'Epargne

lundi 3 décembre 2012 07h49
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Un ancien trader de la Caisse d'Epargne, Boris Picano-Nacci, comparaîtra à partir de lundi en correctionnelle à Paris pour abus de confiance dans l'enquête sur une perte de trading de 751 millions d'euros subie par le groupe en 2008.

Il s'agit de la deuxième affaire de ce type jugée en France après celle de l'ex-trader de la Société générale Jérôme Kerviel, frappé en octobre en appel de trois ans de prison ferme pour une perte de 4,9 milliards d'euros en 2008.

Boris Picano-Nacci, 37 ans, a été arrêté en 2008 après une plainte de la Caisse nationale des caisses d'épargne et de prévoyance (CNCE), qui fait aujourd'hui partie de Groupe BPCE, rapprochement des Banques Populaires et de Caisse d'Epargne.

L'affaire avait permis au grand public de découvrir que l'établissement emblématique du placement de père de famille, "L'Ecureuil", se livrait aux activités spéculatives de marché avec ses fonds propres, appelées "trading en compte propre".

Du fait de la crise financière, la Caisse d'épargne avait décidé en avril 2008 l'arrêt de cette pratique à risque. Boris Picano-Nacci aurait donc dû liquider ses positions d'ici décembre 2008.

Le trader, qui était responsable du portefeuille dérivés-actions, se voit reprocher d'avoir enfreint l'interdiction en misant secrètement en septembre-octobre sur le marché des produits dérivés, continuant malgré plusieurs alertes.

Il en a lui-même informé ses supérieurs le 10 octobre 2008, avant que ses positions ne soient dénouées sept jours plus tard, produisant la perte de 751 millions d'euros.

L'accusation soutient que le prévenu a dissimulé ses opérations par des mensonges. Relevant de "graves lacunes" de contrôle, la Commission bancaire a frappé l'établissement de 21 millions d'euros d'amendes et d'un blâme.   Suite...

 
<p>Boris Picano-Nacci, ancien trader de la Caisse d'Epargne, compara&icirc;tra &agrave; partir de ce lundi en correctionnelle &agrave; Paris pour abus de confiance dans l'enqu&ecirc;te sur une perte de trading de 751 millions d'euros subie par le groupe en 2008. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul P&eacute;lissier</p>