L'Arche de Zoé jugée à partir de lundi en France

lundi 3 décembre 2012 07h44
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - L'organisation caritative Arche de Zoé, son président Eric Breteau et cinq de ses membres sont jugés à partir de lundi en correctionnelle pour une affaire liée à un dossier de tentatives d'enlèvement d'enfants au Tchad en octobre 2007.

Ils encourent jusqu'à dix ans de prison et 750.000 euros d'amende pour "escroquerie, exercice illégal de la profession d'intermédiaire en vue de l'adoption et aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers".

Six audiences sont prévues jusqu'à la mi-décembre, après quoi le jugement sera mis en délibéré.

Arrêtés le 27 octobre 2007 dans l'est du Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants, six membres de l'Arche de Zoé avaient déjà été condamnés deux mois plus tard à huit ans de travaux forcés par la cour criminelle de N'Djamena pour tentative d'enlèvements.

Ils ont été dans la foulée transférés en France, où leur peine a été convertie en janvier 2008 en huit ans de prison. Ils ont ensuite été libérés en avril 2008 à la suite d'une grâce du président tchadien.

La procédure française vise les démarches engagées par l'ONG française avant le départ au Tchad. L'association a obtenu des sommes de plusieurs milliers d'euros auprès de dizaines de personnes auxquelles étaient promises l'arrivée, sinon l'adoption, d'un orphelin originaire de la province soudanaise du Darfour, limitrophe du Tchad.

Les enfants finalement pris en charge étaient en fait parfois des enfants tchadiens, non orphelins et recueillis sur place au motif de leur prodiguer soins et éducation dans un orphelinat supposé être construit.

Les chefs de village apportant les enfants dans les centres installés localement étaient rémunérés par l'Arche de Zoé, a établi l'enquête de police. Le jour de l'opération d'évacuation, les enfants avaient été maquillés et pourvus de faux bandages.   Suite...

 
<p>Eric Breteau, lors de son proc&egrave;s au Tchad fin 2007. L'organisation caritative Arche de Zo&eacute;, son pr&eacute;sident Eric Breteau et cinq de ses membres sont jug&eacute;s &agrave; partir de lundi en correctionnelle pour tentatives d'enl&egrave;vement d'enfants au Tchad en octobre 2007. /Photo d'archives/REUTERS/Luc Gnago</p>