La Cour suprême égyptienne cède à la pression islamiste

dimanche 2 décembre 2012 15h01
 

par Tamim Elyan et Tom Perry

LE CAIRE (Reuters) - Sous la pression des partisans islamistes du président Mohamed Morsi, la Cour suprême constitutionnelle d'Egypte a annoncé dimanche la suspension sine die de ses travaux, nouvel épisode dans la crise politique que traverse l'Egypte.

Plusieurs centaines d'islamistes ont manifesté dimanche devant le bâtiment de la Cour, plus haute juridiction du pays, avant la séance qu'elle devait tenir pour examiner la légalité de deux institutions dominées par les islamistes, le Conseil de la choura, la chambre haute du Parlement, et l'Assemblée constituante qui a adopté la nouvelle constitution égyptienne qui doit être soumise à référendum.

Cette manifestation illustre la suspicion de nombreux islamistes à l'égard de la Cour suprême qu'ils considèrent comme un vestige de l'ère Moubarak. C'est cette même Cour suprême qui en juin avait invalidé un tiers des 498 sièges de l'Assemblée du peuple, la chambre basse du Parlement dominée par les Frères musulmans dont est issu le président Morsi, et conduit à sa dissolution.

"Les juges annoncent la suspension des séances de la cour jusqu'à ce qu'ils puissent continuer à rendre leurs décisions sans pression psychologique et matérielle", indique un communiqué. "La cour manifeste son profond regret et sa douleur eu égard aux méthodes d'assassinat psychologique de ses juges".

Déjà samedi, une grande manifestation avait rassemblé au moins 200.000 partisans de Mohamed Morsi au Caire. Les manifestants avaient appelé le chef de l'Etat à "purger le système judiciaire" accusé d'être contrôlé par des magistrats nommés sous le régime d'Hosni Moubarak.

La nouvelle crise politique en Egypte illustrée par les manifestations quotidiennes de partisans ou d'opposants à Mohamed Morsi est née d'un décret pris le 22 novembre par le chef de l'Etat élargissant temporairement ses prérogatives présidentielles.

LA BOURSE EN HAUSSE

Au total, les récentes violences ont fait trois mois et plusieurs centaines de blessés. Après la grande manifestation islamiste de samedi au Caire dans le quartier de l'université, les anti-Morsi ont décidé d'organiser un nouveau sit-in place Tahrir, lieu emblématique du soulèvement qui avait mené l'an dernier au renversement de Hosni Moubarak.   Suite...

 
<p>Manifestation de partisans du pr&eacute;sident &eacute;gyptien Mohamed Morsi devant la Haute Cour constitutionnelle d'Egypte &agrave; Maadi, au sud du Caire. La Haute Cour a suspendu ses travaux pour une p&eacute;riode ind&eacute;finie au lendemain d'une manifestation islamiste de soutien &agrave; Mohamed Morsi qui a rassembl&eacute; plus de 200.000 personnes dans la capitale. /Photo prise le 2 d&eacute;cembre 2012/REUTERS/Amr Abdallah Dalsh</p>