2 décembre 2012 / 09:18 / il y a 5 ans

Paris et Londres mettent en garde Israël sur les constructions

<p>Vue de la colonie juive de Maale Adumin depuis un secteur baptis&eacute; E1, pr&egrave;s de J&eacute;rusalem, o&ugrave; Isra&euml;l envisage de nouvelles constructions. La France et la Grande-Bretagne ont mis en garde samedi Isra&euml;l apr&egrave;s l'annonce d'un nouveau projet de constructions de logements en Cisjordanie occup&eacute;e et &agrave; J&eacute;rusalem-Est, estimant que cette initiative pourrait jeter le doute sur la volont&eacute; affich&eacute;e par Isra&euml;l de faire la paix avec les Palestiniens. /Photo prise le 1er d&eacute;cembre 2012/Baz Ratner</p>

par Dan Williams

JERUSALEM (Reuters) - La France et la Grande-Bretagne ont mis en garde samedi Israël après l'annonce d'un nouveau projet de constructions de logements en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, estimant que cette initiative pourrait jeter le doute sur la volonté affichée par Israël de faire la paix avec les Palestiniens.

Au lendemain de la reconnaissance implicite à l'Onu d'un Etat palestinien, qui a sonné comme un désaveu diplomatique pour l'Etat juif, Israël a confirmé vendredi un projet de construction de quelque 3.000 nouvelles habitations pour ses colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, notamment dans un secteur entre Jérusalem et la Cisjordanie baptisé E1 que Washington considère comme particulièrement sensible.

Les Etats-Unis, l'un des rares pays à avoir voté contre l'octroi par l'Assemblée générale de l'Onu d'un statut d'Etat observateur non membre à la Palestine, ont jugé "contre-productif" ce projet d'agrandissement qui, a estimé la Maison blanche, est de nature à compliquer davantage encore le retour des Israéliens et des Palestiniens à la table des négociations.

La France, qui a voté en faveur de la demande palestinienne, et la Grande-Bretagne, qui s'est abstenue, ont eu des mots plus durs pour le gouvernement israélien, qui souhaite conserver l'intégralité de Jérusalem et une partie des colonies en Cisjordanie dans le cadre d'un éventuel futur accord de paix.

"S'ils sont mis en oeuvre, ces projets modifieront la situation sur le terrain sur une telle échelle que la solution à deux Etats, avec Jérusalem comme capitale partagée, sera de plus en plus difficile à atteindre", a estimé le secrétaire au Foreign Office William Hague dans un communiqué.

"Cela saperait la réputation internationale d'Israël et jetterait le doute sur sa volonté affichée d'obtenir la paix avec les Palestiniens", a-t-il ajouté.

"NOUS CONTINUERONS À CONSTRUIRE"

Son homologue français Laurent Fabius, a parlé d'E1 comme d'une "nouvelle zone de colonisation" et estimé que le projet de construction, s'il se confirmait, "saperait la confiance nécessaire à la reprise du dialogue".

"J'appelle les autorités israéliennes à s'abstenir de toute décision en ce sens et à manifester clairement leur volonté de reprendre les négociations", a ajouté le ministre français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Israël s'est inquiété du fait que l'octroi du statut d'Etat observateur, et non plus d'"entité", aux Palestiniens pourrait permettre à ces derniers de laisser de côté certains contentieux, tels que la démarcation territoriale, qui devraient être réglés par la négociation.

Le gouvernement israélien a condamné le discours du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à la tribune des Nations unies, le jugeant agressif, et estimé que le vote de l'Onu avait négligé le problème de la sécurité d'Israël et la nécessaire reconnaissance de sa propre souveraineté.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, appelle à la destruction d'Israël.

Le projet de construction de 3.000 logements a été divulgué vendredi par les médias israéliens, puis confirmé par des responsables du gouvernement sous condition d'anonymat, une réticence qui laisse penser que le plan n'a pas encore été formellement approuvé.

Interrogé samedi par la deuxième chaîne de télévision israélienne, le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon a démenti que ce projet soit une réponse à la reconnaissance implicite d'un Etat palestinien par l'Onu.

"Nous construisons, et nous continuerons à construire, conformément à notre intérêt, et non en fonction de la réaction de tel ou tel", a-t-il déclaré.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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