1 décembre 2012 / 14:33 / il y a 5 ans

Arnaud Montebourg critiqué, Jean-Marc Ayrault le soutient

<p>Arnaud Montebourg, qui a agit&eacute; l'hypoth&egrave;se d'une nationalisation du site ArcelorMittal de Florange, est sous le feu des critiques au lendemain de la conclusion d'un accord pour pr&eacute;server l'emploi et investir dans les installations. Des syndicalistes ont dit leur d&eacute;ception et de nombreux commentateurs ont jug&eacute; que le ministre du Redressement productif avait &eacute;t&eacute; d&eacute;savou&eacute; mais le chef du gouvernement lui a apport&eacute; son soutien, expliquant que le ministre avait cr&eacute;&eacute; "un rapport de forces favorable &agrave; la conclusion de l'accord". /Photo prise le 15 octobre 2012/REUTERS/St&eacute;phane Mah&eacute;</p>

PARIS (Reuters) - Arnaud Montebourg, qui a agité l‘hypothèse d‘une nationalisation du site ArcelorMittal de Florange, est sous le feu des critiques samedi au lendemain de la conclusion d‘un accord pour préserver l‘emploi et investir dans les installations.

Malgré cette avancée, annoncée au terme d‘un bras de fer entre le gouvernement et le groupe sidérurgique, des syndicalistes ont dit leur déception et de nombreux commentateurs ont jugé que le ministre du Redressement productif avait été désavoué.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a apporté son soutien samedi à Arnaud Montebourg qui, écrit-il dans un communiqué, “n‘a pas ménagé sa peine pour chercher toutes les solutions possibles comme il le fait sur de nombreux dossiers particulièrement difficiles, contribuant ainsi à créer un rapport de forces favorable à la conclusion de l‘accord”.

L‘intersyndicale de Florange sera reçue par le Premier ministre en début de semaine prochaine, ont ensuite annoncé ses services.

“Nous avons le sentiment d‘avoir été une nouvelle fois trahis”, avait dit Edouard Martin, responsable CFDT, pour résumer la déception des salariés qui espéraient une nationalisation temporaire et la reprise du site mosellan par un aciériste, une piste évoquée par Arnaud Montebourg.

L‘entourage du ministre du Redressement productif n‘a pas donné suite à une demande d‘entretien. Il sera l‘invité du journal de 20h00 de TF1 ce samedi, a annoncé la chaîne.

“Le ministre du Redressement productif peut s‘interroger sur la réalité de l‘intitulé de son ministère et sur la raison de sa présence au gouvernement”, écrit Le Monde samedi dans un billet, reflétant le ton des médias français envers Arnaud Montebourg.

“AVEC SA FOUGUE ET SON COEUR”

Selon l’économiste Elie Cohen, “la nationalisation agitée par M. Montebourg était inappropriée parce qu‘elle n‘a pas servi les négociations, contrairement à ce qu‘on dit”.

“Le seul effet, c‘est qu‘on a donné des idées ailleurs, dans d‘autres sites en difficulté”, a-t-il déploré sur I>Télé.

Face à ces attaques, des responsables de la majorité ont défendu le ministre du Redressement productif, avant que Jean-Marc Ayrault salue explicitement son action dans son communiqué.

“Cette solution était une bonne proposition, elle a permis de faire bouger les lignes, elle reste une solution pour demain si Mittal ne respectait pas ses engagements”, a dit le ministre du Travail, Michel Sapin, sur LCI.

La secrétaire nationale à l’économie du Parti socialiste, Karine Berger, a quant à elle relevé de nombreux témoignages de personnes jugeant que “l‘action d‘Arnaud Montebourg cette semaine avait créé le rapport de force indispensable a l‘accord”.

L‘hypothèse d‘une nationalisation avait provoqué la colère dans les milieux patronaux, la présidente du Medef, la jugeant “scandaleuse”, bien qu‘Arnaud Montebourg ait reçu le soutien de personnalités de gauche comme de droite.

L‘Elysée avait même signalé que cette piste avait été évoquée lors des entretiens avec les responsables du groupe, laissant entendre que la solidarité au sein du gouvernement était préservée.

En revanche, l‘annonce concernant un industriel prêt à investir jusqu’à 400 millions d‘euros sur le site par Arnaud Montebourg mercredi à l‘Assemblée nationale a été contestée par l‘entourage du Premier ministre.

“Il n‘y avait pas de repreneur crédible et ferme”, a dit une source gouvernementale proche des négociations.

Arnaud Montebourg “s‘est beaucoup battu sur ce dossier comme il l‘a fait sur d‘autres, il l‘a fait avec sa fougue habituelle, avec son coeur”, a ajouté la source, confortant l‘image d‘agitateur du ministre du Redressement productif.

Jean-Baptiste Vey, édité par Marc Joanny et Henri-Pierre André

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