Les ingénieurs d'Alcatel sous le choc du plan social

vendredi 30 novembre 2012 18h27
 

par Guillaume Frouin

ORVAULT, Loire-Atlantique (Reuters) - Quelque 300 ingénieurs du site Alcatel-Lucent d'Orvault en Loire-Atlantique ont débrayé vendredi pour "maintenir la pression" sur l'équipementier télécoms qui vient de détailler un plan de 1.353 suppressions d'emplois en France.

Le site nantais, qui a employé jusqu'à 1.200 personnes il y a trente ans, est l'un de ceux proportionnellement les plus touchés en France par la restructuration, avec 122 postes menacés sur 541.

Un tiers de ses effectifs en recherche et développement vont être supprimés, selon les salariés, qui vivent leur cinquième plan social depuis la fusion d'Alcatel avec l'américain Lucent il y a six ans.

"Cette décision a surpris tout le monde ici. Dans le plan initial, il avait été dit que la recherche et développement serait épargnée", témoigne Vincent Pageau, 55 ans, délégué du personnel CFDT.

"On a le sentiment que c'est l'ordre invisible : tout est décidé, mais on ne sait pas par qui et pourquoi", soupire Pascal Giaumé, un développeur de 45 ans, qui travaille chez l'équipementier depuis dix-huit ans.

Alcatel-Lucent a annoncé au milieu de l'été près de 5.500 suppressions de postes dans le monde dont 1.430 en France, un chiffre ramené à 1.353 après une analyse des effectifs et une procédure de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, a précisé le groupe franco-américain jeudi.

"AUCUNE STRATÉGIE INDUSTRIELLE"

Les fabricants d'équipements télécoms traversent une période difficile face à la dégradation de la conjoncture, qui pèse sur les revenus de leurs clients opérateurs, le tout dans un climat de guerre des prix qui continue de faire rage dans le secteur.   Suite...