La CFDT prête à un dialogue social à l'allemande

jeudi 29 novembre 2012 16h57
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La CFDT est prête à relever le défi de réformes structurelles et à promouvoir en France un dialogue social inspiré du modèle nord-européen, a fait savoir jeudi son nouveau numéro un, qui s'est démarqué dès son premier discours de la CGT et de FO.

La CFDT entend rester un "contre-pouvoir autonome et exigeant", a déclaré devant 1.300 cadres de la première centrale syndicale française en nombre de militants Laurent Berger, qui a succédé mercredi soir, à 44 ans, à François Chérèque.

Mais elle entend également prouver qu'une complémentarité entre démocratie politique et démocratie sociale est possible et faire la démonstration, "à l'image de certains de nos voisins européens, que le dialogue social va résolument de pair avec le dynamisme économique et le progrès social", a-t-il poursuivi.

"Là se dessine peut-être un véritable tournant du syndicalisme français", a-t-il estimé, tout en admettant que cette perspective avait des "détracteurs très ardents" dans les rangs politiques comme chez les partenaires sociaux.

S'il n'a pas cité nommément l'Allemagne, Laurent Berger avait de toute évidence à l'esprit les relations entre les syndicats, les entreprises et les pouvoirs publics outre-Rhin, souvent citées en modèle ces dernières années.

En présence de quatre anciens secrétaires généraux de la CFDT - François Chérèque, Nicole Notat, Jean Kaspar et Edmond Maire - il n'a pas hésité à parler de cogestion, mot tabou en France mais souvent utilisé pour décrire le système allemand.

"Dans cette période de crise grave (...) nous sommes prêts à prendre nos responsabilités et à relever le défi de réformes structurelles", a déclaré Laurent Berger.

"Certains nous reprochent de vouloir cogérer, co-construire. Et pourquoi pas !" a-t-il ajouté. "Nous en avons assez de jouer les pompiers quand tout est déjà décidé."   Suite...

 
<p>Laurent Berger, nouveau num&eacute;ro un de la CFDT, a fait savoir jeudi lors de son premier discours que le syndicat &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; relever le d&eacute;fi de r&eacute;formes structurelles et &agrave; promouvoir en France un dialogue social inspir&eacute; du mod&egrave;le nord-europ&eacute;en. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>