Une nationalisation de Florange pas sans risque pour la France

jeudi 29 novembre 2012 15h48
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La perspective d'une nationalisation de Florange, agitée pour contraindre ArcelorMittal à céder le site sidérurgique, n'est pas sans risque pour le gouvernement français, ne serait-ce que parce qu'elle pourrait susciter une multiplication des appels à l'aide des autres secteurs en difficulté.

Elle brouillerait aussi son message au moment où il s'évertue à convaincre les investisseurs étrangers de sa volonté de mener à bien des réformes structurelles pour améliorer la compétitivité de l'économie.

Si Arnaud Montebourg a atténué ses propos enflammés contre ArcelorMittal, quand il disait qu'il n'avait pas sa place en France, le ministre du Redressement productif a reçu le soutien de l'Elysée dans le bras de fer engagé pour une décision.

L'enjeu en est la cession de l'intégralité de Florange, y compris ses activités rentables de transformation de l'acier, une éventualité jusqu'ici refusée par le géant de la sidérurgie qui ne veut pas aller plus loin que les deux hauts-fourneaux et l'aciérie déficitaires qu'il entendait autrement fermer.

Plusieurs voix se sont fait entendre jusque dans l'opposition, de l'ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo jusqu'à la présidente du Front national Marine Le Pen, pour appuyer l'idée d'une "nationalisation temporaire" censée faciliter la recherche d'un repreneur si l'impasse persiste.

UNE OPÉRATION LÉGALEMENT POSSIBLE MAIS COMPLIQUÉE

Malgré les protestations de la présidente du Medef Laurence Parisot, qui juge qu'"envisager une nationalisation, lancer simplement le débat sur un tel principe, est scandaleux", le gouvernement dispose des moyens de procéder à ce qui serait une expropriation si ArcelorMittal persistait dans son refus.

Il lui faudrait en passer par le vote d'une loi et une indemnisation, avec le risque que le groupe sidérurgique multiplie les recours tant sur les arguments juridiques qui sous-tendraient la décision que sur les montants octroyés.   Suite...

 
<p>La perspective d'une nationalisation de Florange, agit&eacute;e pour contraindre ArcelorMittal &agrave; c&eacute;der le site sid&eacute;rurgique, n'est pas sans risque pour le gouvernement, ne serait-ce que parce qu'elle pourrait susciter une multiplication des appels &agrave; l'aide des autres secteurs en difficult&eacute;. /Photo prise le 1er octobre 2012/REUTERS/Vincent Kessler</p>