François Chérèque laisse une CFDT en plein aggiornamento
par Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - François Chérèque a prononcé mercredi son dernier discours de secrétaire général de la CFDT et laisse une centrale syndicale apaisée, incontournable mais en plein aggiornamento, sur fond de crise économique et sociale française.
Après deux mandats et demi à la tête de la première confédération en nombre d'adhérents, il a invité quelque 1.300 responsables de la CFDT réunis à Paris en assemblée générale à bousculer leurs habitudes, leur pratiques et leur fonctionnement pour coller à une réalité mouvante.
Un chantier lancé lors du congrès de la CFDT de 2010 mais que François Chérèque, 56 ans, laisse le soin à son successeur désigné, Laurent Berger, de douze ans son cadet, de mener à bien, sous un nouveau logo et un nouveau slogan.
Cette transition s'effectue en douceur, contrairement à la CGT où la désignation du successeur de Bernard Thibault s'est faite dans la douleur. Mais "depuis cinq ans, notre développement plafonne", a constaté François Chérèque.
Il s'était fixé pour objectif, à son arrivée à la tête de la CFDT en 2002 de porter à 1,2 million le nombre des adhérents. La centrale en revendique aujourd'hui à peine plus de 860.000.
"Nous le savons : le syndicalisme est à un tournant", a poursuivi cet ancien éducateur spécialisé à la carrure de rugbyman - son sport de prédilection - tombé dans la marmite du syndicalisme militant, à la fois par tradition familiale et par conviction, dès le début de sa carrière professionnelle.
RAJEUNIR
La CFDT et ses responsables doivent notamment être "plus proches des salariés", mieux soutenir et accompagner les militants sur le terrain et proposer de nouveaux services aux adhérents, a-t-il résumé. "Cela veut dire remettre au coeur de notre stratégie syndicale les pratiques au sein de l'entreprise ou de l'administration." Suite...

