28 novembre 2012 / 07:04 / il y a 5 ans

La coalition syrienne se réunit pour créer un gouvernement

<p>Souhair Atassi, vice-pr&eacute;sidente de la Coalition nationale syrienne. La nouvelle instance repr&eacute;sentative de l'opposition au pr&eacute;sident Bachar al Assad tient sa premi&egrave;re r&eacute;union formelle mercredi au Caire afin de d&eacute;battre de la formation d'un gouvernement transitoire, avec pour objectif "de nommer le Premier ministre d'un gouvernement de transition, ou au moins d'avoir une liste de candidats", a d&eacute;clar&eacute; Atassi. /Photo prise le 11 novembre 2012/Mohammed Dabbous</p>

par Khaled Yacoub Oweis

LE CAIRE (Reuters) - La Coalition nationale syrienne, nouvelle instance représentative de l'opposition au président Bachar al Assad, tient sa première réunion formelle mercredi au Caire afin de débattre de la formation d'un gouvernement transitoire, cruciale pour obtenir des moyens renforcés contre Damas.

Les quelque 60 délégués choisis lors de la conférence fondatrice de la coalition à Doha le 11 novembre dernier se rassembleront pendant deux jours dans la capitale égyptienne avant une réunion des "Amis de la Syrie", qui regroupe les pays du Golfe et occidentaux soutenant l'opposition.

"L'objectif est de nommer le Premier ministre d'un gouvernement de transition, ou au moins d'avoir une liste de candidats avant la réunion des Amis de la Syrie", explique Souhair Atassi, vice-présidente de la coalition.

Atassi est l'une des trois seules femmes membres de la coalition, dans laquelle les Frères musulmans et leurs alliés représentent 40 à 45% des délégués.

Au menu de la réunion du Caire figure également la sélection de commissions chargées de gérer l'aide et les communications, un processus qui s'est transformé en lutte de pouvoir entre la confrérie islamiste et les opposants laïcs.

Les rivalités sont également fortes entre l'opposition en exil et les rebelles sur le terrain, où 40.000 personnes ont perdu la vie en vingt mois de violences.

"Nous avons des divergences idéologiques mais la coalition remplira sa mission si elle nous obtient une aide militaire de l'extérieur", estime Abou Nidal Moustafa, membre à Damas d'une brigade du groupe rebelle islamiste Ansar al Islam.

QUEL CANDIDAT?

Les contacts entre coalition et insurgés ont été confiés à l'ancien Premier ministre Riad Hidjab, le responsable de plus haut rang à avoir fait défection depuis le début du soulèvement contre Bachar al Assad en mars 2011, indiquent des sources au sein de l'organisation.

Son nom est cité pour le poste de Premier ministre de transition mais son passé au sein du Parti Baas de Bachar al Assad pourrait lui barrer le chemin.

Un autre candidat possible est Asaad Moustafa, ancien ministre de l'Agriculture sous la présidence d'Hafez el Assad, le père de l'actuel président décédé en 2000. Moustafa, qui vit aujourd'hui au Koweït, a quitté son pays il y a des décennies pour protester contre la politique d'Hafez.

Sous la pression des pays occidentaux et du Golfe, qui fournissent avec la Turquie l'essentiel de l'aide à l'opposition syrienne, l'ancien Conseil national syrien, critiqué pour son manque de représentativité, a accepté de se fondre dans une instance plus large le 11 novembre dernier au Qatar.

Selon Souhair Atassi, certaines personnalités importantes ont cependant encore été oubliées par la nouvelle entité et les efforts se poursuivent pour intégrer le principal groupement politique kurde, le Conseil national kurde, qui se tient pour l'instant à l'écart.

Contrairement au Conseil national syrien (CNS), a-t-elle cependant ajouté, la coalition compte travailler avec d'importantes figures de l'opposition même si elles ne font pas partie de l'instance.

Ainsi d'Adib al Cheichakly, petit-fils d'un ancien président qui a claqué la porte du CNS mais se dit confiant dans la nouvelle organisation, notamment parce qu'il pense que son président Mouaz Alkhatib, qui a rejeté à plusieurs reprises tout sectarisme, parviendra à maintenir l'équilibre entre les groupes en concurrence.

La coalition va se trouver toutefois très vite confrontée à une difficulté de taille: prendre position sur l'idée émise par la communauté internationale d'une période de transition sans départ préalable d'Assad, ce que nombre de groupes d'opposition en Syrie jugent totalement impensable.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below