Quatre militaires jugés pour un meurtre en Côte d'Ivoire

mardi 27 novembre 2012 12h00
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Le procès de quatre militaires français poursuivis pour le meurtre en Côte d'Ivoire en 2005 d'un présumé bandit de grand chemin s'est ouvert mardi à la cour d'assises de Paris.

C'est la première fois depuis la guerre d'Algérie que l'armée française fait face à de telles accusations.

Le général Henri Poncet, ancien commandant de la force de paix Licorne en Côte d'Ivoire, avait été mis en examen dans ce dossier avant de bénéficier d'un non-lieu. Il viendra déposer comme témoin devant la cour le 4 décembre.

Trois des quatre militaires, le colonel Eric Burgaud, l'adjudant-chef Guy Raugel et le brigadier-chef Johannes Schnier, encourent jusqu'à 30 ans de réclusion devant le tribunal aux armées, compétent pour juger en temps de paix les infractions commises par des militaires à l'étranger.

Ils sont accusés d'avoir tué le 13 mai 2005 Firmin Mahé, présenté comme un criminel ou "coupeur de route" brutal. Eric Burgaud aurait donné l'ordre de tuer, l'adjudant Raugel l'aurait exécuté avec l'aide du brigadier-chef Schnier. Le brigadier Lianrifou ben Youssouf est prévenu du délit "d'omission d'empêcher un crime", passible de cinq ans de prison.

La famille de Firmin Mahé, convoquée pour témoigner, est restée bloquée en Côte d'Ivoire faute de visa.

Une association de soutien au colonel Burgaud s'est exprimée à l'ouverture du procès, laissant entendre que l'accusé maintiendrait ses déclarations selon lesquelles le général Poncet aurait donné l'ordre de laisser mourir Firmin Mahé de ses blessures.

"L'opinion peut s'interroger quant au renvoi au droit pénal pour un fait de guerre, sur la réalité de l'intention criminelle dans le meurtre de Firmin Mahé, sur la chronologie exacte des faits de la journée du 13 mai 2005, et sur la chaîne de commandement sachant que deux officiers manquent et que le général Ponce a bénéficié d'un non-lieu en juillet 2010", lit-on dans ce communiqué.   Suite...