Près de 200 migrants évacués d'un squat près de Rennes

mardi 27 novembre 2012 12h38
 

RENNES (Reuters) - Près de 200 migrants, dont de nombreux enfants, qui occupaient depuis plusieurs mois une ancienne maison de retraite près de Rennes, ont été évacués mardi matin dans le calme par les forces de l'ordre, a constaté sur place Reuters.

Selon la préfecture, ils étaient 183 dont 73 enfants, originaires d'Arménie, de Georgie, d'Albanie, de Roumanie, de Tchétchénie ou d'Afrique noire.

Ces demandeurs d'asile, qui occupaient le plus grand squat de migrants connu en France, n'ont pu emporter que quelques sacs d'habits et de vivres. Ils ont été invités à aller à la préfecture pour connaître l'adresse où ils seront relogés, à Rennes ou dans le département. Selon la préfecture, une solution sera proposée à chaque famille.

"Cette évacuation s'est déroulée dans des conditions tout à fait correctes et dans le respect des personnes", a déclaré le préfet de Région Michel Cadot lors d'une conférence de presse. "Nous allons proposer des solutions durables qui permettent à ces familles d'être traitées convenablement."

Des associations de défense des migrants et des sans logis ont néanmoins vivement protesté.

"C'est un vrai scandale, la plupart vont se retrouver dans des communes éloignées de Rennes et on va ainsi les priver de tout, de l'accès aux soins, aux aides alimentaires et aux cours de français", s'est ainsi insurgé Yannick Cotin, du DAL (Droit au Logement), présent sur les lieux avec plusieurs dizaines de militants associatifs.

Les migrants avaient occupé, avec le soutien du DAL, cette maison de retraite désaffectée de Pacé, à quelques kilomètres de Rennes, en mai 2012. La plupart de leurs enfants sont scolarisés dans des établissements rennais.

Mardi vers 05h00 (04h00 GMT), les forces de l'ordre ont interdit tout accès au bâtiment et des représentants de la préfecture ont recensé les personnes présentes avant de leur donner un ticket d'autobus et une "invitation" à se rendre à la préfecture.

Ces familles, qui se sont retrouvées avec poussettes et bagages dans la rue et sous la pluie avec leurs enfants, étaient expulsables sur décision de justice depuis le 15 novembre.

Pierre-Henri Allain, édité par Emmanuel Jarry

 
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