La crise de l'UMP remodèle le paysage politique français
par Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - Adhérents, cadres et élus de l'UMP ne peuvent plus guère compter que sur Nicolas Sarkozy pour empêcher un éclatement du principal parti de la droite française, dont la crise a d'ores et déjà commencé à remodeler le paysage politique en France.
L'ancien président a déjeuné lundi avec son ancien Premier ministre, qui conteste l'élection à la présidence de l'UMP de Jean-François Copé, confirmée par la commission des recours du parti avec un écart plus grand - 955 voix - que lundi dernier (98 voix).
"Si Nicolas Sarkozy a un rôle aujourd'hui, ce sera celui de conciliateur. Il aura à coeur d'aider à régler le conflit", a dit à Reuters le député Patrick Balkany avant la rencontre. "J'espère qu'il fera tout pour calmer François Fillon."
Mais ce dernier a jugé la décision de la commission des recours "illégale" et réunira ses troupes mardi pour décider de la suite des événements, un nouveau vote des militants ou la création d'un groupe séparé faisant partie des options.
Il faudra alors que Jean-François Copé "trouve les mots" lors de la réunion du groupe parlementaire UMP qui aura lieu mardi pour éviter une scission, estime Patrick Balkany, qui ne croit cependant pas à un éclatement du parti, fruit de la fusion en 2002 du RPR gaulliste et de l'UDF centriste et libérale.
COPÉ ET FILLON DISQUALIFIÉS ?
Jean-François Copé et François Fillon, qui comptaient sur la présidence de l'UMP pour leur mettre le pied à l'étrier dans la perspective de la présidentielle de 2017, ont laissé une grande part de leur crédibilité et de leur légitimité dans la bataille de chiffonniers qui les oppose depuis huit jours.
Un sondage Ifop pour le Journal du dimanche montre que l'ancien Premier ministre garde toutefois une cote d'avenir importante : 51% des Français souhaitent qu'il joue un rôle important (49% avant le scrutin interne) et les sympathisants de l'UMP le plébiscitent à 86% (90% avant l'élection). Suite...

