25 novembre 2012 / 19:04 / il y a 5 ans

Une nationalisation temporaire de Florange pas exclue

<p>Le gouvernement fran&ccedil;ais n'exclut pas transitoirement une prise de contr&ocirc;le de l'Etat pour l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) afin de sauver ses deux hauts fourneaux et ses emplois, ont laiss&eacute; entendre dimanche les ministres du Travail Michel Sapin et de l'Economie Pierre Moscovici. /Photo prise le 1er octobre 2012/Vincent Kessler</p>

PARIS/STRASBOURG (Reuters) - Le gouvernement français n'exclut pas transitoirement une prise de contrôle de l'Etat pour l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) afin de sauver ses deux hauts fourneaux et ses emplois, ont laissé entendre deux ministres dimanche.

ArcelorMittal dit vouloir réduire les surcapacités de production. Les deux haut-fourneaux de Florange et leur environnement, à l'arrêt depuis juin et octobre 2011 et qui emploient 629 des 2.800 salariés du site, sont menacés et sont devenus un test pour la majorité de gauche.

Le ministre du Travail Michel Sapin, sur RMC et BFM TV, a approuvé une précédente déclaration du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg parlant de "contrôle public" et rappelant que cette arme avait été utilisée aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni dans les secteurs financiers et l'automobile.

"Ça a été fait dans des grands États particulièrement libéraux, pourquoi est-ce qu'on se priverait de cette possibilité?", a-t-il dit, excluant immédiatement des nationalisations tous azimuts.

Il estime cependant qu'il faut se concentrer sur l'étape préalable de cette semaine, qui doit voir des offres de reprise présentées, pour lesquelles, insiste-t-il, le groupe Mittal doit être sincère. "Il ne faut pas que ce soit un jeu d'ombres ou un jeu de dupes", a-t-il dit.

C'est dans ce cadre qu'il faut voir une nationalisation, a dit Michel Sapin.

"Si, à un moment donné, il est utile, pour permettre la transition et au fond permettre la transaction, que l'État soit présent, pourquoi pas. Ce n'est pas un outil pour que l'État gère à la place d'un partenaire privé, de manière durable, une aciérie. L'État ne sait pas faire de l'acier", a-t-il dit.

SOUTIEN DE MOSCOVICI

Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, a aussi salué "la volonté dont fait preuve Arnaud Montebourg dans ce dossier" sur BFM TV.

Prié de dire s'il était favorable à une nationalisation temporaire proposée par le ministre du Redressement productif, il a répondu: "Je n'ai pas à me prononcer à sa place, mais je soutiens son action."

Les élus de Moselle, droite et gauche confondues, demandent à François Hollande de nationaliser temporairement l'usine.

"Comme le Ministre du Redressement Productif, nous demandons une prise de contrôle public temporaire de l'État pour permettre à un opérateur industriel de reprendre l'activité de l'ensemble du site", écrivent les élus lorrains dans une lettre ouverte adressée samedi au président de la République.

Le courrier est cosigné par Jean-Pierre Masseret, président socialiste du conseil régional de Lorraine, Patrick Weiten, président UMP du conseil général de Moselle, les responsables départementaux de l'UMP, du PS, d'Europe Ecologie-Les Verts et du Parti communiste, par divers élus du bassin sidérurgique et par l'intersyndicale du site de Florange.

Les signataires justifient leur position par les enjeux "humains, territoriaux, industriels, technologiques et stratégiques" du dossier de Florange, dernière usine sidérurgique de Lorraine assurant l'ensemble du cycle de production de l'acier.

"Plus que jamais, nous sommes convaincus que l'industrie sidérurgique est hautement stratégique pour la France en particulier et pour l'Europe en général", ajoutent-ils.

La démarche des élus lorrains intervient à cinq jours de la fin du délai accordé par ArcelorMittal au gouvernement pour trouver un repreneur intéressé par la filière liquide (hauts-fourneaux, cokerie, aciérie).

Arnaud Montebourg a déclaré mercredi avoir reçu deux "offres et marques d'intérêt pour Florange mais pour un périmètre plus large".

Gilbert Reilhac et Thierry Lévêque à Paris, édité par Agathe Machecourt

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