La crise alimente le sentiment indépendantiste en Catalogne

samedi 24 novembre 2012 15h12
 

par Nigel Davies

BARCELONE, Espagne (Reuters) - Le mouvement en faveur de l'indépendance de la Catalogne, thème central des élections de dimanche, a connu un nouvel élan en raison de la crise économique et il trouve maintenant parfois ses plus ardents défenseurs parmi des habitants venus d'autres régions d'Espagne.

Au-delà de l'affirmation d'une identité culturelle, les velléités sécessionnistes expriment aussi désormais une frustration croissante à l'égard de la récession, du chômage et du poids des impôts, autant de maux imputés au gouvernement central de Madrid.

A 72 ans, Josep Periera fait partie de ces nombreux habitants originaires d'autres régions d'Espagne et convertis à la cause de l'indépendance de la Catalogne, longtemps perçue comme un eldorado dans les provinces déshéritées du pays.

Lorsqu'il est arrivé au milieu du XXe siècle dans le cadre d'une vague d'immigration en provenance d'Andalousie, il s'appelait Jose. Il a changé son prénom par son équivalent catalan et il est désormais parfaitement intégré.

"Il y a encore trois ans, je n'étais pas favorable à l'indépendance. Mais on ne peut plus supporter tout cela", a-t-il dit à Reuters lors d'un rassemblement électoral d'Artur Mas, président nationaliste de la communauté autonome.

D'après les sondages, la coalition d'Artur Mas (CiU) et trois autres partis indépendantistes devraient obtenir dimanche deux tiers des sièges au sein du prochain Parlement régional, la majorité nécessaire à l'organisation d'un référendum d'autodétermination.

Avec la récession et l'explosion du chômage dans toute l'Espagne, la colère grandit en Catalogne face au refus du gouvernement central à Madrid de renégocier le pacte par lequel la région lui verse chaque année 16 milliards d'euros de revenus fiscaux.

D'après un récent sondage de l'institut catalan de la statistique, 80% des adultes dont les parents sont catalans sont favorables à l'indépendance de la région. Le taux est de 41% chez les adultes dont les parents ne sont pas catalans, mais il n'était que de 25% en juin 2011.   Suite...

 
<p>Meeting &eacute;lectoral d'Artur Mas, pr&eacute;sident nationaliste de la communaut&eacute; autonome, &agrave; Barcelone. Au-del&agrave; de l'affirmation d'une identit&eacute; culturelle, les vell&eacute;it&eacute;s s&eacute;cessionnistes de la Catalogne expriment aussi d&eacute;sormais une frustration croissante &agrave; l'&eacute;gard de la r&eacute;cession, du ch&ocirc;mage et du poids des imp&ocirc;ts, autant de maux imput&eacute;s au gouvernement central de Madrid. /Photo prise le 24 novembre 2012/REUTERS/Albert Gea</p>