Bugarach attend avec hâte l'après fin du monde

samedi 24 novembre 2012 10h59
 

par Jean Décotte

BUGARACH, Aude (Reuters) - "Ne venez pas à Bugarach !", lance le maire, soucieux de dissuader les "gens un peu tracassés" d'affluer dans ce petit village de l'Aude qui doit être préservé de la fin du monde le 21 décembre 2012, selon une interprétation du calendrier maya.

Comme nombre de ses 200 administrés, Jean-Pierre Delord n'a qu'une hâte: que sa commune du sud de la France et l'imposant pic rocheux qui la surplombe retrouvent leur tranquillité après cette date considérée par certains comme la fin d'une ère.

Terre de légendes, Bugarach est au centre de nombreuses rumeurs sur internet qui font de son pic un "garage pour extraterrestres", un "refuge" face à la fin des temps, et drainent depuis plusieurs mois les passionnés d'ésotérisme, les curieux... et les journalistes du monde entier.

Un important dispositif de sécurité doit être déployé le 21 décembre autour du village pour contrôler tout afflux de population, symbole de l'écho médiatique rencontré par ces théories et de la gêne qu'elles impliquent pour les habitants.

"Mon message est très simple: je dis aux gens qu'il faut qu'ils ne viennent pas sur Bugarach, parce que de toute façon il n'y a rien à voir", souligne Jean-Pierre Delord.

"Il y aura surtout des forces de police pour préserver la population du village et aussi préserver d'éventuels dommages corporels : l'hiver est une période difficile, malheureusement on peut avoir de la neige et des gens qui se retrouvent dans la difficulté parce que nous, petit village, on n'aura pas les moyens de les mettre à l'abri."

COMME AU ZOO

Dans les ruelles de Bugarach, alors que le pic est encore nimbé de brumes matinales, les habitants semblent habitués aux caméras et aux micros. "Au moins un journaliste par jour", sourit-on au petit bureau de poste, près des ruines du château.   Suite...

 
<p>Le petit village de Bugarach, dans l'Aude, qui doit &ecirc;tre pr&eacute;serv&eacute; de la fin du monde le 21 d&eacute;cembre 2012, selon une interpr&eacute;tation du calendrier maya, aspire &agrave; retrouver sa tranquillit&eacute;. Les curieux affluent, ce qui est bon pour le tourisme comme le reconna&icirc;t le maire Jean-Pierre Delord, mais trouble la qui&eacute;tude du lieu. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Philippe Arles</p>