22 novembre 2012 / 16:58 / il y a 5 ans

Une sortie de crise pourrait s'esquisser à l'UMP

par Sophie Louet

<p>Une sortie de crise pourrait s'esquisser &agrave; l'UMP. Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; a fait savoir qu'il acceptera de se soumettre au verdict d'Alain Jupp&eacute;, mais une fois que la commission nationale des recours de l'UMP, qu'il a lui-m&ecirc;me saisie, se sera prononc&eacute;e. /Photo prise le 22 novembre 2012/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>

PARIS (Reuters) - Une sortie de crise pourrait s‘esquisser à l‘UMP après l‘intervention d‘Alain Juppé, qui a proposé un compromis pour dénouer le contentieux entre Jean-François Copé et François Fillon sur les résultats de l’élection à la présidence du parti.

François Fillon, qui a menacé de contester en justice la victoire de son rival, a accepté le premier la proposition de l‘ancien Premier ministre, intronisé juge de paix dans le chaos, de présider une instance collégiale qui proclamerait dans un délai de dix jours “un résultat fidèle” au vote des militants.

Jean-François Copé a fait savoir un peu plus tard qu‘il acceptera de se soumettre au verdict d‘Alain Juppé, mais une fois que la commission nationale des recours de l‘UMP, qu‘il a lui-même saisie, se sera prononcée.

Le député-maire de Meaux a été proclamé élu lundi par la commission de contrôle des élections avec 98 voix d’écart.

“Jean-François Copé est prêt à accepter le verdict prononcé par Alain Juppé, qui permettra de rétablir la vérité des chiffres de l’élection”, a déclaré Jérôme Lavrilleux, son directeur de cabinet, lors d‘un point de presse.

“Il acceptera la proposition d‘Alain Juppé, mais après le travail de la commission nationale des recours”, a-t-il précisé à Reuters.

Jérôme Lavrilleux a dénoncé les “turpitudes délibérées de l‘entourage zélé” de François Fillon, en évoquant, documents à l‘appui, “le détail de cas précis” de fraudes, surtout à Nice.

Il a également affirmé que le scrutin en Nouvelle-Calédonie, l‘un des départements au coeur du litige, était “un système de vote parallèle” et donc illicite.

“La seule annulation de Nice et de Nouméa donne 946 voix d‘avance à Jean-François Copé”, a-t-il assuré.

FILLON NE VEUT PAS ÊTRE PRÉSIDENT

La proposition d‘Alain Juppé tient jusqu’à jeudi 20H00. “Au-delà, je n‘ai pas l‘intention de me laisser instrumentaliser dans les confrontations délétères”, a déclaré le maire de Bordeaux dans un communiqué.

Pour François Fillon, qui demandait initialement à Alain Juppé d‘assumer transitoirement la direction du parti dans l‘attente d‘une solution, l‘offre d‘Alain Juppé constitue “la meilleure solution pour sortir l‘UMP de l‘impasse”.

Dans un premier temps, Jean-François Copé avait proposé qu‘Alain Juppé siège en “observateur indépendant” au sein de la commission nationale des recours de l‘UMP pour réexaminer les résultats, fédération par fédération.

François Fillon avait refusé mercredi de saisir cette commission, dont il dénonce la partialité, puisqu‘elle est présidée par un proche de Jean-François Copé.

L‘ancien Premier ministre revendique la victoire avec 26 voix d‘avance après l‘omission, selon lui, de 1.304 suffrages outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte).

Il a annoncé mercredi soir sur TF1 qu‘il renonçait à la présidence mais qu‘il saisirait les tribunaux en cas d‘impasse.

“Le comportement de François Fillon, c‘est l‘histoire d‘un mauvais perdant qui vient donner des leçons de morale sans se les appliquer à lui-même”, a lâché le député-maire de Meaux.

Eric Ciotti, directeur de campagne de François Fillon, a jugé “pour le moins étrange” sur I>télé “le changement d‘argumentation” du camp Copé.

“Je note que c‘est un nouvel argument”, a-t-il dit à propos de la Nouvelle-Calédonie. “Personne n‘en a jamais parlé, personne n‘en a jamais été saisi”.

François Fillon n‘entend pas quitter l‘UMP.

“Je ne quitterai pas l‘UMP qui est ma famille, et dont une majorité de militants m‘a accordé sa confiance dimanche dernier. Je suis déterminé : comment peut-on accepter que le fonctionnement de l‘UMP soit entaché d‘une irrégularité aussi grave?”, écrit-il dans un message aux militants.

La commission d‘organisation et de contrôle des opérations électorales a reconnu officiellement jeudi dans un communiqué que l‘addition des résultats de Mayotte, Wallis-et-Futuna et de Nouvelle-Calédonie “aboutirait vraisemblablement à une inversion des résultats d‘une vingtaine de voix” en sa faveur.

Sophie Louet et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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