Libération pour l'activiste Abdallah et appel du parquet

mercredi 21 novembre 2012 20h12
 

PARIS (Reuters) - Un tribunal d'application de peines de Paris a accepté mercredi la libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah, condamné à perpétuité et emprisonné depuis 28 ans pour des assassinats, mais le parquet a aussitôt fait appel, a-t-on appris de source judiciaire.

Cet appel suspensif maintient l'ex-chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (Farl) en détention dans l'attention de l'examen de son cas, qui peut prendre plusieurs mois, a-t-on précisé au cabinet du procureur.

Emprisonné depuis 1984, Georges Ibrahim Abdallah, Libanais, a été condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans l'assassinat de trois diplomates en France, malgré des menaces d'attentats et les réquisitions de l'avocat général qui avait demandé une peine de dix ans de réclusion.

Alors que la défense estime que sa démarche est politique, le parquet avance un risque de "récidive" du condamné pour justifier son opposition à sa sortie de prison. Il souligne que l'homme n'a pas indemnisé ses victimes et continue de revendiquer ses actions.

Considéré comme proche du régime iranien, il avait été reconnu coupable dans les dossiers des assassinats de l'Américain Charles Robert Ray et de l'Israélien Yacov Barsimantov en 1982 et de la tentative d'assassinat du consul américain à Strasbourg Robert Onan Homme en 1984.

La vague d'attentats de 1985 et 1986 à Paris, que l'Iran était soupçonné d'avoir inspirée et qui avait fait treize morts, avait pour but officiel de faire libérer Georges Ibrahim Abdallah et deux autres personnes, le Libanais Anis Naccache et l'Arménien Varoujian Garabedjian.

En novembre 2003, Georges Ibrahim Abdallah avait déjà obtenu une décision de libération conditionnelle en première instance, annulée en appel.

L'ambassadeur des Etats-Unis en France a dit "regretter" la décision du tribunal et espère qu'elle sera annulée.

"Je regrette la décision prise aujourd'hui par le tribunal d'application des peines d'accorder la liberté conditionnelle au terroriste reconnu coupable, Georges Ibrahim Abdallah", écrit Charles Rivkin dans un communiqué.

Thierry Lévêque, avec Chine Labbé

 
<p>Partisans de Georges Ibrahim Abdallah pr&egrave;s de la r&eacute;sidence officielle de l'ambassadeur de France &agrave; Beyrouth. Un tribunal d'application de peines de Paris a accept&eacute; mercredi la lib&eacute;ration conditionnelle de cet activiste libanais, condamn&eacute; &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; et emprisonn&eacute; depuis 28 ans pour des assassinats, mais le parquet a aussit&ocirc;t fait appel. /Photo prise le 4 novembre 2012/REUTERS/Sharif Karim</p>