21 novembre 2012 / 11:25 / dans 5 ans

Hollande tente d'éteindre l'incendie sur le mariage homosexuel

<p>Le gouvernement fran&ccedil;ais a d&eacute;menti mercredi tout recul sur l'instauration du droit au mariage pour les homosexuels, malgr&eacute; les critiques concernant la possibilit&eacute; pour les maires qui y seraient oppos&eacute;s de ne pas les c&eacute;l&eacute;brer eux-m&ecirc;mes. Selon un communiqu&eacute; publi&eacute; mercredi, ces &eacute;lus pourraient d&eacute;l&eacute;guer la c&eacute;l&eacute;bration du mariage &agrave; un autre membre du conseil municipal mais pas refuser son principe. /Photo prise le 1er octobre 2012/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a démenti mercredi tout recul sur le droit au mariage pour les homosexuels malgré les critiques concernant la possibilité, évoquée par François Hollande, pour les maires récalcitrants de ne pas les célébrer eux-mêmes.

Les propos tenus mardi par le président, qui a invoqué le respect de “liberté de conscience” des élus ont semé la confusion, provoquant l‘ire d‘associations de défense des homosexuels, un malaise à gauche et l‘ironie de la droite.

“La loi doit s‘appliquer partout, dans toutes les communes”, a déclaré mercredi François Hollande, lors d‘une conférence de presse à l‘Elysée, pour tenter de couper court aux polémiques.

La possibilité d‘union homosexuelle, qui sera discutée au Parlement début 2013, est combattue par les représentants des religions monothéistes et l‘opposition de droite.

Une pétition d’élus annonçant qu‘ils refuseraient de les célébrer a été lancée, le nouveau président de l‘UMP, Jean-François Copé, ayant déjà fait savoir qu‘il serait dans ce cas.

Le Figaro estime pour sa part à 416 le nombre de municipalités où personne ne voudrait célébrer un mariage entre deux personnes du même sexe.

Pour la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, le président “veut réussir le mariage pour tous dans la conviction et l‘apaisement et pas par le passage en force”.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a expliqué dans un communiqué, puis lors des questions d‘actualité à l‘Assemblée nationale, que, comme l‘a dit François Hollande devant les maires, les élus pourraient déléguer la célébration du mariage à un membre du conseil municipal, mais qu‘il n’était pas question qu‘une municipalité refuse la procédure.

TRAHISON ?

“L‘Etat est garant du respect de l’égalité des droits sur tout le territoire. Le droit au mariage dans la commune du domicile ou de la résidence de l‘un des époux, inchangé depuis 1804, ne connaîtra aucune dérogation”, dit la ministre.

François Hollande a déclaré mardi que les maires ne devaient pas être obligés de célébrer les mariages de personnes du même sexe, évoquant la possibilité de déléguer la direction de la cérémonie au nom du respect de “la liberté de conscience”.

Les mariages hétérosexuels sont, dans leur majorité, déjà célébrés par des adjoints ou des membres du conseil municipal, notamment dans les villes grandes et moyennes où le maire n‘a pas le temps matériel de présider toutes les cérémonies.

Maires et adjoints, juridiquement officiers d’état civil, peuvent déléguer l‘exercice de ce droit à d‘autres membres du conseil municipal, y compris à ceux de l‘opposition.

Les propos de François Hollande ont été mal accueillis par des associations de défense des droits des homosexuels.

La principale d‘entre elles, l‘Inter-LGBT, sera reçue à sa demande par le président de la République mercredi après-midi afin d‘obtenir des explications sur ce qu‘elle a décrit comme “au mieux une maladresse, au pire une trahison”.

La présidente de Gaylib, mouvement associé à l‘UMP et militant pour l‘ouverture du mariage aux couples homosexuels, a elle aussi vivement condamné les propos présidentiels.

“Cette déclaration de Hollande sonne comme une déception et une trahison pour les homosexuels, mais aussi pour tous les Français qui soutiennent l‘ouverture du mariage civil aux couples de même sexe”, a dit Catherine Michaud.

L‘UMP, principal parti d‘opposition, prévoit s‘il revient au pouvoir de remettre en cause le mariage pour tous. Jean-François Copé a dit voir dans les propos de François Hollande “un vrai début de recul” et la présidente du Parti chrétien démocrate, Christine Boutin, un premier pas vers un référendum.

BOÎTE DE PANDORE

A gauche aussi, le malaise est palpable.

Pour la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, François Hollande ouvre une ‘boîte de Pandore”. “Si chacun commence à comparer l‘exigence de la loi à sa liberté de conscience, où va-t-on ?”, s‘est-t-elle interrogée.

“En accordant la liberté de conscience aux maires qui ne veulent pas marier des personnes de même sexe, il est en train d‘ouvrir la porte à ces médecins qui refusent d‘appliquer la loi sur l‘IVG”, a dit à Reuters le député Vert Noël Mamère, fervent partisan du mariage gay.

La gauche, qui avait déjà instauré en 1999 une possibilité d‘union civile pour les homosexuels avec le Pacs, avance le principe d’égalité et parle de “mariage pour tous” pour justifier cette réforme. Le droit à l‘adoption est également prévu dans le projet de loi.

Les religieux et la droite estiment que le mariage, qui suppose à leurs yeux la procréation, ne peut être considéré comme universel et pensent que l‘Etat doit maintenir le principe qu‘il est constitué par l‘union d‘un homme et d‘une femme.

Le mariage homosexuel existe déjà notamment dans plusieurs pays européens et dans certains Etats américains.

Avec service France, édité par Yves Clarisse

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