La France n'a plus droit à l'erreur après la note de Moody's

mardi 20 novembre 2012 15h43
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La dégradation de la note de la France par Moody's prive le gouvernement de marge de manoeuvre dans sa politique de redressement des finances publiques et lui sert d'aiguillon pour lancer des réformes structurelles.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, s'est empressé dès lundi soir de réaffirmer l'objectif de ramener les déficits publics à 3% du produit intérieur brut en 2013, contre 4,5% attendu en 2012, un effort sans précédent.

"C'est aussi un encouragement à mettre en oeuvre rapidement et fortement les réformes que nous avons décidées", a-t-il dit de la décision de Moody's, en citant la stabilisation de la zone euro et le pacte de compétitivité récemment dévoilé.

Il a égratigné la droite en estimant que l'agence de notation, dix mois après Standard & Poor's, avait sanctionné "avant tout la situation dont nous avons héritée", même si sa décision a laissé de marbre des marchés qui l'anticipaient.

Le président UMP de la commission des Finances du Sénat, Philippe Marini, y a vu de son côté la sanction "d'un long historique" des gouvernements qui se succèdent depuis trente ans, les agences de notation pointant régulièrement, sans grand effet jusqu'ici, l'incapacité de la France à mener des réformes favorables à la croissance.

"Il y avait une sorte de bienveillance des observateurs étrangers et des investisseurs envers la France depuis cet été (...) on entre maintenant dans une autre période et la crédibilité de la gestion des dépenses publiques, avec le respect de l'objectif de 3% en 2013, est capitale", a-t-il dit à des journalistes.

"Le droit à l'erreur est complètement nul", a-t-il ajouté en soulignant que la France serait quasiment le premier émetteur de dette dans la zone euro l'an prochain.

La tâche est d'autant plus délicate que les économistes ne croient pas que la France parviendra à son objectif de réduction des déficits, faute d'une croissance économique suffisante, malgré le choc fiscal prévu dans le projet de budget 2013.   Suite...

 
<p>Conf&eacute;rence de presse &agrave; Paris du ministre de l'Economie Pierre Moscovici au lendemain de l'abaissement de la note de la France par Moody's. Selon des &eacute;conomistes, cette d&eacute;gradation prive le gouvernement de marge de manoeuvre dans sa politique de redressement des finances publiques mais va lui servir d'aiguillon pour lancer des r&eacute;formes structurelles, notamment sur le march&eacute; du travail. /Photo prise le 20 novembre 2012/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>