Pour Marine Le Pen, l'UMP est "affaiblie"

mardi 20 novembre 2012 10h15
 

PARIS (Reuters) - L'UMP est "affaiblie" à l'issue d'un scrutin serré et entaché de soupçons de fraude qui a porté Jean-François Copé à sa tête, a estimé mardi la présidente du Front national Marine Le Pen.

Jean-François Copé a été proclamé lundi soir président de l'UMP aux dépens de François Fillon, invitant l'ancien Premier ministre à le "rejoindre" au terme de 24 heures de contestation et de confusion qui ont mis à mal la famille gaulliste.

"Ce parti est aujourd'hui fracturé, un parti fracturé c'est par définition un parti qui est très affaibli", a déclaré sur France Info Marine Le Pen, qui pense en tirer profit. "Je pense que nous avons de beaux jours devant nous."

"Parler de fracture morale, c'est en creux accuser l'autre camp d'immoralité, ce n'est tout de même pas rien pour l'avenir", a-t-elle ajouté, faisant référence aux propos de François Fillon.

L'ancien Premier ministre, qui se posait en rassembleur alors que Jean-François Copé, chantre d'une droite décomplexée, s'inscrivait dans les pas de Nicolas Sarkozy, a déploré lundi soir "une fracture politique et morale" à l'UMP.

"J'avais théorisé depuis longtemps la fracture qui s'est révélée lors de ces élections, ce que je n'avais pas prévu c'est que tous ces dirigeants de l'UMP qui disent lutter en permanence contre les socialistes puissent leur ressembler autant", a encore dit Marine Le Pen.

En 2008, au congrès de Reims, Martine Aubry l'avait emporté de très peu à la tête du Parti socialiste contre Ségolène Royal, à l'issue d'un scrutin contesté.

Marine Le Pen, qui a prédit "quatre années d'enfer" à l'UMP, a estimé mardi que son nouveau patron, qui n'est d'après elle pas sincère dans son discours, allait avoir un "énorme problème de légitimité."

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

 
<p>La pr&eacute;sidente du Front national Marine Le Pen estime que l'UMP est "affaiblie" &agrave; l'issue d'un scrutin serr&eacute; et entach&eacute; de soup&ccedil;ons de fraude qui a port&eacute; Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; &agrave; sa t&ecirc;te. /Photo prise le 14 novembre 2012/REUTERS/Robert Pratta</p>