L'UMP à l'ère de la cohabitation

mardi 20 novembre 2012 18h51
 

par Sophie Louet et Emile Picy

PARIS (Reuters) - Les guerres de chefs, héréditaires dans la famille gaulliste, n'ont jamais empêché les réconciliations de circonstance et la dernière "fracture" en date entre Jean-François Copé et François Fillon, tant personnelle qu'idéologique, ne devrait pas déroger à la règle, estiment membres du parti et analystes.

C'est une UMP scindée en deux qui a émergé des urnes après l'élection du président du parti, un duel fratricide "désolant", de l'avis de plusieurs responsables du mouvement, que les deux camps s'accordent à vouloir faire oublier au plus vite.

La déclaration sibylline de François Fillon après la courte victoire de Jean-François Copé, ses mots très durs contre la "fracture politique et morale" de l'UMP, ont pu laisser craindre une sécession au sein du principal parti d'opposition.

Mais ses soutiens ont assuré que l'ancien Premier ministre n'avait l'intention ni de "décrocher" ni de mettre à bas l'édifice de réunification des droites créé en 2002.

Le député de Paris, qui estime avoir gagné, a expliqué à des proches avoir renoncé à contester les résultats - l'écart est de 98 voix - pour ne pas mettre en péril l'unité du mouvement.

"S'il part, il se suicide. Il est clair qu'il va rester et qu'il va faire entendre sa musique. Aucun des deux ne peut se permettre de casser la baraque, sinon c'est la Bérézina", a résumé l'un de ses soutiens, le député Jacques Myard.

Priorité à la reconstruction, qui ne soit pas un simple replâtrage, acquiesce Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique à l'Ifop. "Il faut que les principaux protagonistes fassent des efforts pour s'unir. Si on est dans une ambiance de règlements de compte, c'est cette image qui va perdurer dans l'opinion", note-t-il.

Jean-François Copé a proposé mardi "une vice-présidence" à François Fillon mais son allié, Eric Ciotti, a aussitôt qualifié la proposition de "grotesque".   Suite...

 
<p>Devant le si&egrave;ge de l'UMP &agrave; Paris. Les t&eacute;nors du parti de droite ont entrepris mardi de panser leurs blessures et d'&eacute;carter le spectre d'un schisme apr&egrave;s la lutte fratricide pour la pr&eacute;sidence de la principale formation d'opposition remport&eacute;e par Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; contre Fran&ccedil;ois Fillon. /Photo prise le 19 novembre 2012/REUTERS Charles Platiau</p>