Privée d'un leader incontesté, l'UMP songe à Nicolas Sarkozy

lundi 19 novembre 2012 18h51
 

par Sophie Louet et Chine Labbé

PARIS (Reuters) - François Fillon ambitionnait de succéder à Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé d'être son dauphin. Les deux prétendants à la présidence de l'UMP, en livrant à l'électorat de droite le spectacle d'un parti déchiré, ont redonné toute sa vigueur à l'hypothèse d'un retour de l'ex-président.

"Ce soir, c'est Nicolas qui a gagné, c'est lui qui doit être content. C'est une catastrophe", glissait dimanche, déconfit, un membre de l'équipe Fillon au terme d'une soirée sous tension où les adversaires ont revendiqué tous deux la victoire.

Les deux camps attendaient lundi le verdict de la commission électorale de l'UMP pour dénouer l'imbroglio, mais quel que soit le vainqueur officiel qui émergera du chaos, la légitimité et la cohésion de l'opposition de droite sont sérieusement écornées.

L'ex-Premier ministre Alain Juppé, qui avait tenté en vain une candidature pacificatrice, a mis en garde contre une implosion du mouvement fondé en 2002 pour unifier les droites.

"Je lance vraiment un cri d'alarme, c'est l'existence même de l'UMP qui est en cause aujourd'hui, alors il faut arrêter cette confrontation", a déclaré le maire de Bordeaux sur i>TELE.

Cernée par un Front national revigoré et la mouvance centriste embryonnaire de l'UDI, qui entend capter son aile centriste, fragilisée par une litanie de défaites électorales, l'UMP entame sa refondation sous les pires auspices.

La dynamique que les duellistes appelaient de leurs voeux pour "la reconquête", aux élections municipales de 2014 et à l'élection présidentielle de 2017, est stoppée net.

"Quel que soit le résultat de cette consultation, on aura une UMP clivée. On a une droite divisée, c'est un signe de fragilité et de faiblesse majeur", a déclaré à Reuters François Miquet-Marty, président de Viavoice.   Suite...

 
<p>La confusion qui r&egrave;gne depuis dimanche autour de la pr&eacute;sidence de l'UMP a redonn&eacute; toute sa vigueur &agrave; l'hypoth&egrave;se d'un retour de Nicolas Sarkozy. /Photo prise le 6 mai 2012/REUTERS/Philippe Wojazer</p>