Appel du parquet dans l'affaire de la tuerie d'Agosta, en Corse

lundi 19 novembre 2012 17h33
 

AJACCIO (Reuters) - Le parquet d'Ajaccio a fait appel lundi de l'acquittement d'Andy F. par la cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud pour le quadruple meurtre de ses parents et de ses frères jumeaux de 10 ans en 2009 à Agosta, sur la rive sud d'Ajaccio.

La cour a estimé vendredi que le discernement de l'adolescent, qui était âgé de 16 au moment des faits, était aboli en raison d'une "dépersonnalisation et d'une déréalisation du sujet" et a prononcé son hospitalisation d'office.

Coupable des faits bien qu'irresponsable, le jeune homme a été condamné à verser des dommages et intérêts à hauteur de 300.000 euros à ses grands-parents, oncles, tantes et cousins.

Le ministère public avait requis une peine de 18 années de réclusion criminelle en soulevant l'excuse de minorité.

La défense du jeune homme, qui a passé trois années en détention, avait plaidé que son discernement était aboli. Mais le dossier d'instruction comportait des rapports d'expertise contradictoires qui s'accordaient toutefois à diagnostiquer de manière unanime des troubles de la personnalité et un effondrement narcissique.

"On ne peut pas faire l'impasse sur la lecture psychiatrique du dossier", a réaffirmé Me Jean-Charles Vincensini l'un des trois conseils du jeune homme.

La tante d'Andy a déclaré à L'Express.fr ne pas avoir eu les réponses souhaitées lors du procès.

"Je suis encore sous le choc et très émue. Avec les autres membres de ma famille, on était tellement désabusé qu'on ne s'attendait pas à ce que le parquet fasse appel et encore moins aussi vite. Pour nous, c'était fini, nous avions accepté le verdict", a-t-elle dit.

Dans la nuit du 11 au 12 août 2009, Andy F. s'est saisi d'un fusil à pompe et a tué ses parents et ses frères qui dormaient dans la maison familiale, avant de dérober une somme et des montres dans un coffre puis de simuler par téléphone un cambriolage en contactant les gendarmes.

Confessant le lendemain ses crimes à l'un de ses oncles, il s'était rendu avec lui aux gendarmes mais n'a jamais expliqué les raisons de son geste. Au procès, il a déclaré: "J'aime ma famille, je ne voulais pas les tuer".

Roger Nicoli, édité par Gérard Bon