19 novembre 2012 / 16:23 / dans 5 ans

Les forces syriennes bombardent le sud de Damas

<p>BOMBARDEMENT DE DAMAS, EN SYRIE</p>

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - L‘opposition syrienne a accusé lundi les forces gouvernementales de bombarder à l‘aveugle le sud de Damas pour empêcher les insurgés de progresser de ces faubourgs populaires vers le centre de la capitale.

Selon ces militants, ces pilonnages sont les plus sévères, en quarante jours de tirs d‘artillerie et de raids aériens, qu‘aient connus ces quartiers majoritairement sunnites où opèrent les rebelles.

“Les avions de chasse ont apparemment touché hier des cibles rebelles spécifiques. Aujourd‘hui, les lance-roquettes multiples provoquent d’énormes destructions aléatoires”, a déclaré Rami al Sayyed, du Centre syrien des médias, une organisation de militants d‘opposition.

D‘après les opposants, roquettes et obus ont plu lundi sur les faubourgs de Hadjar al Assouad, Tadamoun et Kadam, des quartiers que la population a en grande partie fuis depuis que l‘Armée syrienne libre s‘en est emparée. Aucun bilan des victimes éventuelles n‘a été communiqué.

Pour Rami al Sayyed, ces barrages d‘artillerie visent à empêcher les insurgés de reconstituer leurs forces en périphérie sud de Damas et à protéger une base militaire située en bordure de Hadjar al Assouad.

Des rebelles disent que l‘armée syrienne a en outre commencé à retirer des troupes de certaines provinces afin de protéger la capitale. Selon ces sources, une colonne blindée et 3.000 hommes ont été retirés la semaine dernière de la province de Deraa, dans le Sud.

COUPER L‘APPROVISIONNEMENT

Dans l‘Est, un chef tribal opposé à Assad, Cheikh Nawaf al Bachir, a déclaré qu‘une petite unité de la Garde républicaine, corps d’élite loyaliste, avait quitté la province de Daïr az Zour pour regagner Damas.

“Il semble que le régime se rend compte que garder le contrôle de ces provinces est une cause perdue, et il s‘emploie à empêcher sa chute à Damas”, a déclaré Bachir, notant que des dizaines d‘officiers de l‘armée ont fait défection ces derniers mois dans ces provinces.

Le chef tribal a ajouté que les rebelles, qui ont conquis récemment la ville de Ras al Aïn, à la frontière avec la Turquie, cherchaient à capturer d‘autres localités plus à l‘est dans la province de Hassaka, qui borde les frontières avec la Turquie et l‘Irak, afin d‘assécher l‘approvisionnement de la Syrie en pétrole et en céréales.

Après plusieurs mois marqués par de faibles gains sur le terrain, la rébellion syrienne a capturé plusieurs positions militaires au cours de la semaine écoulée dans les provinces périphériques, dont une base des forces spéciales à proximité d‘Alep (nord) et un petit aérodrome dans l‘Est, à la frontière avec l‘Irak.

A Damas, les insurgés ont intensifié leurs opérations de guérilla. Ils ont visé dimanche un barrage routier en bordure d‘un quartier situé en hauteur où vit principalement la communauté alaouite, dont est issu le clan présidentiel.

Mais les rebelles, qui opèrent toujours séparément et par petits groupes en dépit des efforts pour former un commandement militaire unifié, n‘ont pas conquis une seule grande ville depuis le début du soulèvement en mars 2011.

“Nous voyons mourir le régime à petit feu”, affirme toutefois un diplomate occidental. “L’équilibre militaire s‘améliore à l‘avantage des rebelles. Ce n‘est pas encore du 50-50 mais quand ce sera le cas, les loyalistes se demanderont de plus en plus si cela vaut le coup de défendre le régime.”

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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