19 novembre 2012 / 06:13 / il y a 5 ans

Copé et Fillon revendiquent tous deux la victoire à l'UMP

par Sophie Louet

<p>Jena-Fran&ccedil;ois Cop&eacute;, entour&eacute; de ses soutiens, revendiquant la victoire pour la pr&eacute;sidence de l'UMP. Son adversaire Fran&ccedil;ois Fillon a &eacute;galement revendiqu&eacute; la victoire, le pire des sc&eacute;narios pour le premier parti d'opposition fran&ccedil;ais d&eacute;sormais paralys&eacute; par les divisions. /Photo prise le 18 novembre 2012/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>

PARIS (Reuters) - Jean-François Copé et François Fillon, adversaires pour la présidence de l‘UMP, ont revendiqué chacun la victoire, le pire des scénarios pour le premier parti d‘opposition français désormais paralysé par les divisions.

La confusion a succédé au suspense dimanche au terme d‘un scrutin interne sans précédent dans la formation néo-gaulliste créée en 2002 au nom du rassemblement après les guerres RPR-UDF.

La seule certitude, en l‘absence de résultats définitifs, était l‘issue extrêmement serrée du vote, qui se jouerait à quelques centaines de voix.

Les deux états-majors s‘accusent mutuellement d‘irrégularités dans plusieurs départements (Alpes-Maritimes, Haute-Garonne, Bouches-du-Rhône, Hauts-de-Seine, Gard...).

Les opérations de vérification des résultats ont été suspendues dans la nuit, vers 03h30, au siège de l‘UMP, la commission électorale interne n‘ayant pas reçu cinquante procès-verbaux, a expliqué son président, Patrice Gélard.

“Pour l‘instant, il n‘y a pas de vainqueur”, a déclaré le sénateur à des journalistes. “Nous sommes dans l‘incapacité de dire qui a gagné car les chiffres (livrés par chaque camp, NDLR) sont très proches l‘un de l‘autre”, a-t-il ajouté.

La procédure de vérification, en présence des équipes de chaque candidat, devait reprendre à 10h00. Prié de dire si le nom du vainqueur serait connu ce lundi, le président de la commission a répondu : “Je l‘espère”.

Furieux de la tournure des événements, François Fillon, dont les sondages avaient prédit la victoire, est arrivé vers 03h15 au siège de l‘UMP, d‘où Jean-François Copé était parti, pour exprimer son indignation.

FILLON “EXTRÊMEMENT CHOQUÉ”

“C‘est un dysfonctionnement majeur. (...) Je suis extrêmement choqué”, a-t-il déclaré aux journalistes après être resté une demi-heure. “Il a assisté à nos travaux, il a dit qu‘il regrettait le déroulement du scrutin”, a dit Patrice Gélard.

François Fillon affirme avoir gagné avec 224 voix d‘avance, Jean-François Copé avec un millier de voix d’écart.

Selon l‘entourage du député-maire de Meaux, les résultats de 40 départements avaient été validés dans la nuit, donnant 1.221 voix d‘avance à Jean-François Copé.

<p>Fran&ccedil;ois Fillon (photo) et Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute;, adversaires pour la pr&eacute;sidence de l'UMP, ont revendiqu&eacute; chacun la victoire, le pire des sc&eacute;narios pour le premier parti d'opposition fran&ccedil;ais d&eacute;sormais paralys&eacute; par les divisions. /Photo prise le 19 novembre 2012/REUTERS/Christian Hartmann</p>

Au terme d‘une bataille de chiffres alimentée par les deux camps, avec un net avantage à l’équipe de Jean-François Copé, le député-maire de Meaux avait annoncé aux alentours de 23h30 au siège de l‘UMP que la majorité des militants avaient déjoué les pronostics en le portant à la tête du parti.

“C‘est une grande fierté de voir que notre parti a décidé de redresser la tête et de répondre à mon appel à la résistance”, a déclaré Jean-François Copé lors d‘un bref point de presse au siège de l‘UMP sous les clameurs de quelques militants.

Il a marqué sa volonté de rassembler la famille gaulliste et a assuré vouloir “travailler la main dans la main” avec François Fillon. L‘inimitié entre les deux hommes est notoire.

L’élu de Meaux qui s’était inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy durant une campagne controversée - jugée par trop “droitière” par le camp adverse - a redit sa “fidélité” à l‘ex-président battu le 6 mai dernier par François Hollande et dont l‘ombre a immanquablement plané sur l’élection.

Jean-François Copé a promis d’être le fer de lance d‘une “opposition républicaine qui ne laissera rien passer”.

LE SPECTRE DU CONGRÈS DE REIMS

Une quinzaine de minutes plus tard, François Fillon prenait à son tour la parole dans son QG parisien pour contester la victoire à son adversaire et annoncer la sienne.

“Je ne laisserai pas voler la victoire aux militants. Ce qui est en jeu, c‘est l‘honneur de notre famille politique, c‘est le service de notre pays, c‘est la crédibilité de la droite et du centre”, a-t-il poursuivi. “Je ne lâcherai rien”, a-t-il insisté.

Les deux camps, contre toute évidence, ont exprimé le voeu de l‘unité au lendemain d‘une élection qui augure mal de la réconciliation.

“Le PS a recollé les morceaux au lendemain du congrès de Reims. Martine Aubry et Ségolène Royal ont fini à 50-50, ça n‘a pas empêché François Hollande de l‘emporter”, a avancé Valérie Pécresse, qui fait partie du “ticket” Fillon.

En 2008, au congrès de Reims, Martine Aubry l‘avait emporté de très peu à la tête du Parti socialiste aux dépens de Ségolène Royal - qui avait revendiqué la victoire d‘emblée - à l‘issue d‘un scrutin contesté entaché de soupçons de fraudes.

David Assouline, porte-parole du Parti socialiste, a déploré sur BFM TV “un spectacle désolant, lamentable”. Florian Philippot, vice-président du Front national, a ironisé sur la même chaîne sur “le crash de l‘UMP”.

“C‘est une catastrophe, les socialistes doivent être contents”, soupirait un membre de l’équipe de François Fillon. “Nicolas (Sarkozy) aussi doit être content, il doit se dire que ça tournait mieux quand il était là”.

Deux lignes s‘affrontaient dans ce vote : “une droite décomplexée”, renouant avec les accents droitiers de Nicolas Sarkozy dans l‘entre-deux-tours de la présidentielle 2012, défendue “sans tabous” par Jean-François Copé, 48 ans, “le résistant”; une droite à la tonalité plus centriste que François Fillon, 58 ans, “le rassembleur”, ambitionne d‘incarner à l’élection présidentielle de 2017.

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