17 novembre 2012 / 10:58 / il y a 5 ans

La nouvelle coalition syrienne aura un ambassadeur en France

<p>Fran&ccedil;ois Hollande recevant le chef de l'opposition syrienne Ahmad Moaz al-Khatib &agrave; l'Elys&eacute;e. L'opposition syrienne d&eacute;signera un ambassadeur de la Syrie en France, a annonc&eacute; le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais, quatre jours apr&egrave;s avoir reconnu la l&eacute;gitimit&eacute; de la nouvelle coalition. /Photo prise le 17 novembre 2012/Beno&icirc;t Tessier</p>

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - L'opposition syrienne a désigné samedi un "ambassadeur" en France, confirmant la volonté de Paris de "servir d'exemple" et d'entraîner ses alliés occidentaux dans la résolution du conflit en Syrie.

Le président de la République et le chef de l'opposition syrienne ont annoncé la nomination de Monzir Makhous à ce poste, quatre jours après la reconnaissance par la France de la nouvelle coalition d'opposition comme futur gouvernement provisoire de la Syrie, une première en Europe.

François Hollande a dit espérer que "de nombreux pays" suivent cet exemple.

"Il y aura un ambassadeur de la Syrie en France qui sera désigné par le président de la coalition", a déclaré le président à la presse dans la cour de l'Elysée.

Prenant la parole à son tour, Ahmed Moaz al-Khatib a dévoilé le nom de Monzir Makhous, qui faisait partie de la délégation reçue à la présidence pendant plus d'une heure.

"Le docteur Makhous est l'une des premières personnalités à avoir parlé de liberté en Syrie", a-t-il déclaré. "A l'origine, il appartient à la communauté alaouite, mais c'est avant tout un homme libre, qui a toujours travaillé pour le peuple syrien".

De source diplomatique française, on précise qu'il s'agit d'un "représentant", un ambassadeur à proprement parler ne pouvant être nommé qu'après la constitution d'un gouvernement provisoire syrien reconnu par la communauté internationale.

François Hollande a déclaré que le diplomate s'installerait dans un lieu différent de l'ambassade de Syrie.

"L'ambassade de Syrie en France n'appartient pas à la France mais nous veillerons à ce que le nouvel ambassadeur puisse s'installer dans un lieu qui lui permette de représenter convenablement le peuple syrien", a-t-il dit.

Les différentes composantes de l'opposition syrienne réunies à Doha, au Qatar, ont conclu dimanche sous la pression internationale un "accord initial" sur la formation d'une nouvelle instance représentative censée resserrer les rangs rebelles et favoriser la chute du régime de Damas.

"COMME UNE SEULE MAIN"

François Hollande a émis le souhait que de "nombreux pays" suivent l'exemple de la France en reconnaissant officiellement cette nouvelle coalition.

Washington, Berlin et Londres, notamment, hésitent encore. La Ligue arabe a salué sa formation, mais ne l'a pas non plus adoubée comme unique représentant légitime du peuple syrien.

"Ce qu'a fait, ce qu'a décidé la France, peut servir d'exemple et même de processus", a dit François Hollande.

"Dès lors que la démonstration a été faite de la volonté de la coalition de représenter l'ensemble du peuple syrien dans toute sa diversité, de centraliser l'aide, de porter un commandement militaire intégré et de donner toute garantie sur la démocratie que serait le régime syrien après le départ de Bachar al-Assab, oui je pense que de nombreux pays vont rejoindre la position qui a été celle de la France", a-t-il dit. "Et je m'honore que la France ait été la première".

Ahmad Moaz al-Khatib a réaffirmé pour sa part son souci de respecter toutes les sensibilités de son pays.

"Nous avons le souci du peuple syrien dans toutes ses composantes, dans toute sa diversité. Nous allons travailler, nous serons comme une seule main pour travailler en respectant les spécificités de chacun", a-t-il dit.

"Il n'y a pas d'accord caché, pas de décision qui ont été prises de façon cachée", a-t-il aussi assuré. "Notre rôle s'arrêtera dès que ce régime sera tombé. Le peuple syrien pourra ainsi décider en toute liberté des institutions démocratiques, de la forme du régime constitutionnel".

Le régime de Bachar al-Assad au pouvoir à Damas tente depuis mars 2011 de réprimer un soulèvement qui a pris des allures de guerre civile. Ce conflit, qui menace d'embraser la région, a déjà coûté la vie à au moins 38.000 personnes.

La France exclut toute intervention militaire qui ne serait pas décidée par le conseil de sécurité des Nations unies.

Avec John Irish, édité par Gérard Bon

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