Le banditisme corse remis en lumière par l'affaire Nacer

vendredi 16 novembre 2012 16h40
 

PARIS/AJACCIO (Reuters) - L'enquête sur le 17e meurtre de l'année en Corse, celui à Ajaccio du président de la Chambre de commerce Jacques Nacer, ramène la police vers la piste du grand banditisme insulaire, phénomène dont l'expansion semble échapper aux autorités.

Le tueur, mercredi, était seul, grimé et il est parti à pied après avoir abattu sa victime de trois balles. Il peut être vu pendant une quinzaine de secondes sur un enregistrement de vidéosurveillance de la rue et la police examine d'autres enregistrements, dit-on de source proche de l'enquête.

Trois pistes principales sont envisagées : un règlement de comptes lié à un dossier judiciaire de malversations financières ayant fait "tomber" le précédent président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, un litige lié à la gestion de Jacques Nacer ou un dossier lié au club de football de Ligue 1 d'Ajaccio dont il était secrétaire général.

En toile de fond, se dessine l'hypothèse d'une sorte de guerre des gangs, mais la confusion règne. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a pressé vendredi l'ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, ami de Jacques Nacer, de "parler". C'est son quatrième ami assassiné en deux ans.

Président du club de football d'Ajaccio, Alain Orsoni a dit ne rien savoir des assassins, tout en se décrivant comme "condamné à mort" et "cible prioritaire".

Les statistiques inclinent au pessimisme sur la résolution de l'affaire. Les 16 meurtres précédents de 2012 n'ont pas trouvé de solution judiciaire, et les dizaines de dossiers liés au grand banditisme corse traités à la juridiction spécialisée de Marseille n'ont abouti qu'à une poignée de procès.

L'absence de sanction judiciaire n'encourage pas les témoins éventuels à se manifester, dans un territoire dont la population équivaut à celle d'un arrondissement de Paris, 300.000 habitants.

VERS L'APPARITION D'UNE "MAFIA" ?

Jeudi, Manuel Valls a appelé les Corses à parler. Les élus locaux brocardent cette idée d'une supposée "omerta" comme un cliché et renvoient l'Etat à sa responsabilité.   Suite...

 
<p>L'enqu&ecirc;te sur le 17e meurtre de l'ann&eacute;e en Corse, celui &agrave; Ajaccio du pr&eacute;sident de la Chambre de commerce Jacques Nacer, ram&egrave;ne la police vers la piste du grand banditisme insulaire, ph&eacute;nom&egrave;ne dont l'expansion semble &eacute;chapper aux autorit&eacute;s. /Photo d'archives/REUTERS</p>