15 novembre 2012 / 07:09 / il y a 5 ans

Jean-Marc Ayrault à Berlin

<p>Jean-Marc Ayrault entame jeudi une visite officielle de deux jours &agrave; Berlin, o&ugrave; il tentera de dissiper avec Angela Merkel les crispations li&eacute;es aux inqui&eacute;tudes allemandes sur l'&eacute;conomie fran&ccedil;aise, sur fond de campagne &eacute;lectorale outre-Rhin. /Photo prise le 6 novembre 2012/Philippe Wojazer</p>

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault entame jeudi une visite officielle de deux jours à Berlin, où il tentera de dissiper avec Angela Merkel les crispations liées aux inquiétudes allemandes sur l'économie française, sur fond de campagne électorale outre-Rhin.

Le Premier ministre s'entretiendra jeudi en tête-à-tête avec la chancelière, avec qui il entend mettre les pendules à l'heure d'une entente constructive qui ne saurait être un "alignement".

"Il n'y a pas d'avenir de l'Europe s'il n'y a pas d'entente franco-allemande", a-t-il dit mercredi sur France Info. "Mais l'entente franco-allemande, ce n'est pas un alignement de l'un sur l'autre. On se parle, on se respecte et on essaie de trouver les bonnes réponses ensemble comme (...) dans le passé".

Le gouvernement allemand, notamment par la voix des "Sages" qui le conseillent, juge que la France ne va pas assez loin dans les réformes, notamment en matière de lutte contre les déficits publics et de réforme du marché du travail.

Berlin "ne dit pas cela", s'est défendu Jean-Marc Ayrault. "Nous avons aussi des questions à poser au gouvernement allemand sur ce qu'on peut faire ensemble pour relancer la croissance".

Ces derniers jours, Français et Allemands ont rivalisé de formules pour minimiser les différends entre leurs pays, dirigés par des personnalités de sensibilités politiques différentes.

Lors d'une conférence de presse avec son homologue français Pierre Moscovici mardi à Bruxelles, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a affirmé que la France n'était pas l'homme malade de l'Europe.

"Non, il ne faut pas perdre une seconde à répondre à cela", a-t-il déclaré.

"Nous avons confiance dans la politique menée par le gouvernement français", avait ajouté le ministre, que Jean-Marc Ayrault rencontrera jeudi dans la capitale allemande.

L'économiste Lars Feld, l'un des cinq "sages" allemands dont les avis font autorité, avait pourtant sonné la charge la semaine dernière contre la politique économique française.

"Le principal problème en ce moment, ce n'est plus la Grèce, l'Espagne ou l'Italie, c'est devenu la France parce qu'elle n'a rien entrepris de nature à rétablir sa compétitivité, au contraire, elle va dans l'autre direction !", avait-il dit.

"PERSONNE NE FAIT LA LEÇON À PERSONNE", DIT HOLLANDE

En pleine célébration de l'année franco-allemande et à quelques semaines du 50e anniversaire du Traité de l'Elysée, le 22 janvier 2013, Paris et Berlin ont d'autres sujets qui fâchent à régler.

Les deux pays se disputent encore la responsabilité de l'échec de la mégafusion prévue entre EADS et le groupe de défense britannique BAE.

L'avenir de l'UE divise aussi. Angela Merkel a proposé un bond fédéral sur le plan économique que François Hollande, qui lui oppose la notion d'intégration solidaire, n'est pas pressé de faire dans les conditions actuelles.

Selon Paris, les critiques allemandes sont en partie liées à la campagne pour les élections de 2013 et ne prennent pas en compte la pacte pour la compétitivité engagé en France.

Lors de la première grande conférence de presse de son quinquennat, François Hollande a déclaré mercredi que la France et l'Allemagne cherchaient des compromis pour faire avancer l'Europe mais que "ne personne ne fait la leçon à personne, pas plus sur le sérieux que sur la solidarité".

Il a reconnu que le dialogue avec Angela Merkel, qu'il verra la semaine prochaine au Conseil européen de Bruxelles, se faisait actuellement "dans une période où la chancelière est en préparation d'élections, une période qui n'est pas commode".

A Matignon, on rappelle que l'exécutif français "a des relations avec l'Allemagne, de pays à pays" et que "pour le reste, chaque personnalité politique française ou allemande a des amitiés électives naturelles".

Pendant la campagne électorale, le candidat François Hollande et Jean-Marc Ayrault, germanophone et germanophile, étaient allés en Allemagne chercher le soutien du SPD, qui croit en ses chances pour les prochaines législatives.

Jean-Marc Ayrault devenu Premier ministre a prévu un petit-déjeuner avec les dirigeants de la formation d'opposition allemande vendredi matin, avant de rentrer à Paris.

Sa visite de 48 heures inclut aussi un entretien avec le président allemand Joachim Gauk, une rencontre avec des hommes d'affaires français et allemands, une visite au mémorial des juifs assassinés d'Europe, un déjeuner avec des responsables syndicaux et un dîner avec des intellectuels allemands.

Edité par Yves Clarisse

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