Enquête ouverte sur les propos de la soeur de Mohamed Merah

lundi 12 novembre 2012 19h19
 

PARIS (Reuters) - Une enquête préliminaire pour "apologie du terrorisme" a été ouverte par le parquet de Paris après les propos tenus par la soeur de Mohamed Merah, qui se dit "fière" de son frère dans un documentaire, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

L'enquête vise à vérifier les conditions dans lesquelles Souad Merah, soeur de l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban, en mars dernier, s'est exprimée.

La jeune femme a été filmée en caméra cachée alors qu'elle parlait avec un proche dans un reportage diffusé dimanche soir par M6.

Evoquant les voyages de Mohamed Merah en 2010 et 2011, elle reconnaît avoir dit aux enquêteurs qu'il se rendait en Algérie alors qu'elle savait qu'il partait vers d'autres destinations, notamment l'Afghanistan.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a condamné ces propos "avec la plus grande fermeté".

"Bien que tenues dans le cadre d'une conversation privée, ces paroles ne peuvent qu'être perçues comme une apologie du terrorisme et de l'antisémitisme et une provocation à la haine religieuse et raciale", écrit-il dans un communiqué.

Des avocats des parties civiles ont demandé que la jeune femme s'explique sur ses déclarations, notamment le fait d'avoir délibérément caché aux enquêteurs les différentes destinations de son frère Mohamed.

Dans le même temps, dans un livre à paraître mercredi, Abdelghani, l'aîné de la fratrie, dénonce le rôle de son frère Abdelkader, mis en examen pour complicité, dans la radicalisation de Mohamed.

Abdelkader Merah a reconnu avoir été présent lors du vol du scooter utilisé pour les tueries, mais a nié avoir été au courant des projets de son cadet. Or, selon l'ouvrage du frère aîné, intitulé "Mon frère, ce terroriste", Abdelkader aurait endoctriné le "tueur au scooter", selon des extraits publiés par Libération.

"Au fil des années, mon frère Kader et ma sœur Souad allaient devenir des figures centrales du salafisme toulousain. Ils n'ont jamais fait mystère de leur adhésion (...) aux idées les plus extrémistes, passant leur temps à regarder les vidéos des actions terroristes et à tenter d'endoctriner tous les membres de la famille, y compris mon propre fils", peut-on lire.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse