Levée de boucliers contre le projet de métropole de Marseille

lundi 12 novembre 2012 12h18
 

MARSEILLE (Reuters) - Quatre-vingt cinq maires des Bouches-du-Rhône affichent leur refus de la métropole de Marseille voulue par le gouvernement socialiste pour donner à la cité phocéenne les moyens de se développer et d'y enrayer la criminalité.

Dans une lettre ouverte à François Hollande et au Premier ministre Jean-Marc Ayrault publiée par La Provence de lundi, les élus, tant de gauche que de droite, réclament notamment l'abrogation de la loi de 2010 sur la réforme des collectivités territoriales qui fixe la création de métropoles pour les zones urbaines de 500.000 habitants, à l'exception de l'Ile-de-France.

Ils exigent l'abandon de la "création d'une métropole à marche forcée" à Marseille et veulent que les communes soient associées "aux projets qui concernent (leurs) habitants".

Jean-Marc Ayrault avait annoncé, début septembre, une "stratégie globale" pour faire de Marseille une métropole de dimension européenne et permettre à l'agglomération de "repartir de l'avant".

Le Premier ministre était venu dans la cité phocéenne pour tenter de convaincre les élus du département de la nécessité de cette puissante métropole pour traiter les causes profondes de la violence endémique qui sévit dans la deuxième ville de France.

Accueilli avec bienveillance par les grands élus du territoire, le projet soulève une levée de boucliers chez les intercommunalités voisines peu enclines à partager leurs ressources fiscales et certaines compétences comme le logement ou le transport avec le parent pauvre que constitue Marseille.

"Pour les Bouches-du-Rhône, il serait illusoire de penser qu'une nouvelle organisation territoriale et institutionnelle pourrait guérir Marseille des maux qui l'affectent", estiment ainsi les maires signataires de la lettre.

"L'Etat doit assumer à Marseille ses responsabilités financières et ses pouvoirs régaliens, notamment la sécurité", ajoutent-ils.

Les opposants au projet d'une métropole marseillaise qui regrouperait 1,8 millions d'habitants préviennent dans leur lettre que les "décisions d'aménagement et d'organisation du territoire, prises sans vision locale, ont trop souvent abouti à d'irrémédiables erreurs".

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

 
<p>Quatre-vingt cinq maires des Bouches-du-Rh&ocirc;ne affichent dans une letre ouverte leur refus de la m&eacute;tropole de Marseille voulue par le gouvernement socialiste pour donner &agrave; la cit&eacute; phoc&eacute;enne les moyens de se d&eacute;velopper et d'y enrayer la criminalit&eacute;. Le projet d&eacute;plait aux intercommunalit&eacute;s voisines peu enclines &agrave; partager leurs ressources fiscales et certaines comp&eacute;tences comme le logement ou le transport avec le parent pauvre que constitue Marseille. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul P&eacute;lissier</p>