Les opposants syriens font campagne, tension aux frontières

lundi 12 novembre 2012 23h15
 

par Rania El Gamal et Regan Doherty

DOHA (Reuters) - La nouvelle instance représentative de l'opposition syrienne, forgée dans la douleur et sous la pression internationale, a entamé lundi une quête de reconnaissance et de soutien avec l'espoir de hâter le départ de Bachar al Assad.

La crainte d'une "exportation" de la guerre civile vers les pays voisins s'est par ailleurs accrue avec de nouveaux incidents à la frontière turque et sur le plateau du Golan occupé par Israël.

Le responsable religieux réformiste Moaz Alkhatib s'est rendu au Caire pour obtenir l'adoubement de la Ligue arabe après avoir été élu dimanche, à la suite de longues tractations, à la tête de la nouvelle "coalition nationale" réunissant l'ensemble des composantes de l'opposition.

"Nous réclamons la liberté pour chaque sunnite, alaouite, ismaili, chrétien, druze, assyrien (...) et des droits pour toutes les composantes de l'harmonieux peuple syrien", a-t-il déclaré, avant d'appeler les soldats syriens à faire défection et l'ensemble des communautés à s'unir.

Le nouvel organe, formé des mouvements en exil et de ceux qui opèrent en Syrie, est censé resserrer les rangs rebelles et favoriser la chute du président Assad.

Le cheikh Alkhatib, âgé de 50 ans et emprisonné à plusieurs reprises pour ses critiques envers le gouvernement Assad, a choisi l'exil cette année. Il est de longue date partisan d'un islam libéral et tolérant, sensible aux droits des minorités religieuses et ethniques et à ceux des femmes.

Alkhatib est un "islamiste dynamique et progressiste, populaire à Damas et dans le reste de la Syrie", a indiqué Mazen Adi, un militant syrien des droits de l'homme qui a travaillé avec Alkhatib avant le début du soulèvement populaire. "Ce n'est pas un djihadiste à la gâchette facile et il peut aider à contenir les groupes extrémistes."

Des représentations spécifiques devraient être réservées au sein de la Coalition nationale aux femmes, aux Kurdes, aux chrétiens et aux alaouites, ces derniers appartenant comme le président Assad à une branche du chiisme.   Suite...

 
<p>Bombardement &agrave; Ras al A&iuml;n, observ&eacute; depuis le village turc de Ceylanpinar. Les bombardements de l'arm&eacute;e syrienne se sont poursuivis lundi dans le secteur de Ras al A&iuml;n, tenus par les rebelles, pr&egrave;s de la fronti&egrave;re avec la Turquie. /Photo prise le 12 novembre 2012/REUTERS/Murad Sezer</p>