Le gouvernement confronté à la colère des médecins

dimanche 11 novembre 2012 21h08
 

PARIS (Reuters) - La ministre de la Santé, Marisol Touraine, s'est efforcée dimanche de calmer la grogne des médecins en assurant notamment que le gouvernement n'avait pas "la moindre intention de remettre en cause la liberté d'installation" des praticiens.

Les chirurgiens libéraux et internes des hôpitaux publics appellent à une grève illimitée à partir de lundi en France, tandis que plusieurs syndicats et coordinations de médecins prévoient des manifestations contre la politique gouvernementale.

Le 12 novembre était au départ le jour choisi par les internes en médecine pour défendre leurs conditions de travail et leur liberté d'installation, mais la contestation a gagné une bonne partie de la profession, de la Fédération des médecins de France (FMF) à l'Union française pour une médecine libre (UFML), une coordination née du mouvement des "médecins pigeons" sur internet.

Radiologues, ophtalmologues, praticiens hospitaliers sont également appelés à rejoindre le mouvement pour exprimer le "ras-le-bol" d'une profession qui se considère stigmatisée par le pouvoir socialiste.

Les trois syndicats de médecins majoritaires (CSMF, SML, MG France) ont signé un accord fin octobre sur les dépassements d'honoraires avec l'assurance-maladie et les complémentaires santé, texte jugé trop contraignant par les protestataires.

Les internes craignent en outre que la future loi sur les réseaux de soins ne remette en cause leur liberté d'installation.

"Le gouvernement n'a jamais eu et n'a pas la moindre intention de remettre en cause ce principe important pour la médecine française qui est celui de la liberté d'installation des médecins à l'issue de leurs études", a déclaré Marisol Touraine sur RTL.

"Je ne crois pas aux mesures autoritaires. Je crois que les médecins sont engagés dans ce métier avec passion, avec implication, et sont attachés à leur liberté d'installation. D'un autre côté, les Français sont soucieux de pouvoir choisir leurs médecins", a-t-elle ajouté.

Mais, a souligné la ministre, le gouvernement ne peut pas "rester les bras ballants face aux déserts médicaux".

Sophie Louet

 
<p>La ministre de la Sant&eacute;, Marisol Touraine, s'est efforc&eacute;e dimanche de calmer la grogne des m&eacute;decins en assurant notamment que le gouvernement n'avait pas "la moindre intention de remettre en cause la libert&eacute; d'installation" des praticiens. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul P&eacute;lissier</p>