Les anciennes coopératives ouvrières reviennent en grâce

dimanche 11 novembre 2012 12h25
 

par Guillaume Frouin

NANTES (Reuters) - Trente ans après leur dernier âge d'or, les anciennes "coopératives ouvrières de production » reviennent en grâce dans l'entreprenariat français et contribuent à l'essor de l'économie sociale et solidaire.

Le ministre délégué du secteur, Benoît Hamon, prépare une grande "loi de programmation" pour le printemps 2013.

Les Sociétés coopératives et participatives (Scop), qui ont vu en France leur nombre progresser de 36% et celui de leurs salariés de 26% en dix ans, se présentent en effet en "rempart" aux petites délocalisations inaperçues de PME, en redonnant le pouvoir à leurs salariés.

A Nantes (Loire-Atlantique), les neuf employés de L'Atalante ont ainsi racheté cette librairie et maison d'édition indépendante fondée en 1979, à l'approche du départ en retraite de son fondateur. Ils ont pu bénéficier d'une aide du conseil régional des Pays de la Loire, qui double depuis un an les apports des "co-entrepreneurs" au capital d'une coopérative.

"Le problème d'une petite boîte qui marche bien, c'est que le prix des parts devient vite inabordable pour un individu", explique Pierre Michaut, 66 ans, ex-gérant majoritaire de la SARL et désormais "co-gérant" de la Scop jusqu'au printemps prochain.

"On aurait très bien pu se faire racheter par un groupe, mais celui-ci se serait empressé de rapatrier chez lui notre trésorerie et notre portefeuille de contrats", dit-il.

"A terme, il aurait aussi réintégré les services généraux, comme la comptabilité… Il fallait donc garder notre indépendance, pour que les gens qui y travaillent puissent continuer à le faire", ajoute-t-il.

Depuis juin, il n'est ainsi plus possible de vendre L'Atalante sans le feu vert de l'assemblée générale de ses salariés-associés, qui peut révoquer à tout instant son gérant élu pour quatre ans. Le capital de la Scop compte bien quatre actionnaires extérieurs, mais ils ne peuvent avoir la majorité des voix.   Suite...

 
<p>Trente ans apr&egrave;s leur dernier &acirc;ge d'or, les anciennes "coop&eacute;ratives ouvri&egrave;res de production" reviennent en gr&acirc;ce dans l'entreprenariat fran&ccedil;ais et contribuent &agrave; l'essor de l'&eacute;conomie sociale et solidaire. Le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du secteur, Beno&icirc;t Hamon, pr&eacute;pare une grande "loi de programmation" pour le printemps 2013. /Photo prise le 12 septembre 2012/REUTERS/Jacky Naegelen</p>