Manifestation pour les prisonniers basques à Bayonne

samedi 10 novembre 2012 20h58
 

BORDEAUX (Reuters) - Des milliers de manifestants ont défilé samedi à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pour réclamer "le respect des droits des prisonniers et des réfugiés politiques basques", dix jours après l'arrestation controversée de la militante Aurore Martin, aujourd'hui incarcérée à Madrid.

En tête de la manifestation, qui a rassemblé 15.000 personnes malgré la pluie selon les organisateurs, figuraient des familles et proches des prisonniers brandissant leurs portraits. Une banderole sur laquelle on pouvait lire "Pour les droits des prisonniers politiques basques" était portée par des élus.

Les manifestants, parmi lesquels se trouvaient de nombreux Espagnols, ont traversé la ville jusqu'à la place Saint-André, dans le quartier traditionnel du Petit Bayonne en scandant notamment: "Amnistie maintenant, prisonniers à la maison !".

Emilie Martin, porte-parole de l'association Herrira ("Au pays"), a estimé que l'importance de la mobilisation tenait à l'arrestation la semaine passée de sa soeur Aurore dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne.

Aurore Martin, 33 ans, militante basque française de Batasuna, parti interdit en Espagne pour sa proximité avec les séparatistes de l'ETA, mais autorisé en France, a été arrêtée le 1er novembre lors d'un contrôle de gendarmerie qualifié de fortuit.

Son transfert en Espagne, un geste sans précédent de la part d'un gouvernement français, a suscité l'émotion au Pays Basque où les actions de protestations pacifiques venues de tous bords politiques se multiplient depuis.

Selon Herrira, 624 militants de la cause basque sont actuellement incarcérés, dont 137 en France, où ils sont dispersés dans 32 prisons situées à une distance moyenne de 808 kilomètres de la région.

Par comparaison, les 482 détenus basques détenus en Espagne en sont éloignés de 632 kilomètres en moyenne.

"Nous demandons à la France et à l'Espagne d'appliquer le droit et de rapprocher les prisonniers de leurs familles et de libérer les malades et les conditionnables", a dit Gabriel Mouesca, un des porte-parole d'Herrira, et ancien président de l'Observatoire international des prisons.

Claude Cannellas, édité par Yann le Guernigou