La "retenue" pour les sans-papiers critiquée à gauche

vendredi 9 novembre 2012 14h40
 

PARIS (Reuters) - La création d'une "retenue" pouvant durer jusqu'à 16 heures pour remplacer la garde à vue des sans-papiers ne fait pas l'unanimité à gauche, notamment chez les écologistes, dont certains font un parallèle avec la politique de Nicolas Sarkozy.

Le Sénat a voté jeudi, dans le cadre de l'examen d'un projet de loi relatif à la retenue pour vérification du droit de séjour, un amendement du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui prévoit la création de cette mesure.

Cette dernière complète le dispositif concernant le séjour des étrangers après que la Cour de cassation a interdit en juillet dernier le recours à la garde à vue pour vérifier la régularité du séjour des étrangers.

Les forces de police ne peuvent plus depuis retenir les sans-papiers pendant plus de quatre heures, le délai légal fixé pour la procédure de vérification d'identité.

L'amendement a été voté au Sénat par les socialistes, les radicaux de gauche et l'opposition de droite. Les communistes ont voté contre tandis que les écologistes se sont abstenus.

La député écologiste Noël Mamère a vivement critiqué la mesure.

"Cette retenue pour les sans-papiers, c'est encore une fois la démonstration que nous avons un ministre de l'Intérieur qui essaie de construire son image de ministre intraitable sur des sujets dont on sait qu'ils sont extrêmement sensibles", a-t-il déclaré à Reuters.

"On est dans une situation qui ne nous plaît pas du tout. Je rappelle que le ministre de l'Intérieur se prépare aussi à faire voter une loi sur la lutte antiterroriste. Tout ça frise dangereusement les méthodes de Sarkozy", a-t-il ajouté.

Manuel Valls a défendu sa mesure jeudi sur France Info. "Il faut qu'un Etat se donne les moyens, en respectant les personnes, d'avoir une politique d'immigration", a-t-dit.   Suite...

 
<p>La cr&eacute;ation d'une "retenue" pouvant durer jusqu'&agrave; 16 heures pour remplacer la garde &agrave; vue des sans-papiers ne fait pas l'unanimit&eacute; &agrave; gauche, notamment chez les &eacute;cologistes. /Photo d'archives/ REUTERS/Antonio Parrinello</p>