Six gendarmes blessés sur le site du futur aéroport de Nantes

mercredi 7 novembre 2012 18h19
 

NANTES (Reuters) - Six gendarmes ont été blessés mercredi sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans des heurts avec des opposants au projet, indique la préfecture de Loire-Atlantique.

Les forces de l'ordre, qui intervenaient pour libérer une route des barricades qui y avaient été érigées, ont été attaquées par "une quarantaine d'assaillants particulièrement résolus". Ils utilisaient "des bouteilles incendiaires, des frondes et des projectiles métalliques", est-il précisé.

Trois des opposants au projet d'aéroport nantais ont été interpellés, ajoute la préfecture. Deux blessés sont à déplorer dans leurs rangs, indiquent les militants anticapitalistes opposés au projet.

"Le préfet condamne avec la plus grande fermeté ces agressions", indique dans un communiqué la préfecture de Loire-Atlantique. "Il appelle tous les habitants de ce territoire à se désolidariser de ces minorités violentes et venues d'ailleurs."

Six gendarmes avaient déjà été légèrement blessés le 30 octobre lors de heurts avec des militants anticapitalistes, en marge de la troisième vague d'expulsions de maisons et terrains rachetés par les pouvoirs publics et occupés illégalement par ces opposants.

Ces derniers avaient également fait état "d'au moins six blessés" dans leurs rangs, "par des tirs tendus de flash-ball et éclats de grenades assourdissantes" de la part des gendarmes.

Selon la préfecture, les expulsions de ces squatteurs se justifient par l'imminence des travaux préparatoires à la future desserte routière de l'aéroport, qui doivent démarrer en janvier prochain. Ceux de l'aéroport à proprement parler doivent débuter en 2014, pour une mise en service en 2017.

La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros).

Le projet - dont les écologistes, le MoDem et le Parti de Gauche réclament l'abandon - est porté par l'Etat et soutenu par l'UMP, le Parti communiste français et les élus socialistes locaux, dont le Premier ministre et ancien député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

Présenté par ses promoteurs comme un transfert de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, situé en périphérie immédiate de la ville et menacé selon eux de saturation, le futur équipement vise à réduire les nuisances en termes de bruit et le "sentiment d'insécurité" d'une partie des habitants de l'agglomération survolés par les avions.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

 
<p>Confrontation entre gendarmes et opposants au projet d'a&eacute;roport de Notre-Dame-des-Landes. Six gendarmes ont &eacute;t&eacute; bless&eacute;s mercredi sur le site du futur a&eacute;roport de Notre-Dame-des-Landes dans des heurts avec des opposants au projet. /Photo d'archives/REUTERS/Stephane Mah&eacute;</p>