François Fillon s'inquiète d'une droitisation de l'UMP avec Copé

mardi 6 novembre 2012 20h02
 

PARIS (Reuters) - François Fillon dit avoir pour "inquiétude" une droitisation de l'UMP en cas d'élection de son rival Jean-François Copé à la tête du principal parti de droite français.

Dans un entretien au magazine L'Express publié mardi, l'ancien Premier ministre qualifie son adversaire pour la présidence de l'UMP de "clivant".

À la question "partagez-vous la crainte de beaucoup d'élus UMP (qui) redoutent une dérive du centre de gravité idéologique du parti en cas de victoire de Jean-François Copé ?", François Fillon répond : "Oui, c'est une inquiétude que j'ai, fondée sur ses discours."

"Jean-François Copé considère que la bataille électorale se gagnera en durcissant le ton à droite. Cela peut se défendre dans un climat politique classique, pas dans un contexte de crise quasi existentielle", déclare François Fillon.

"Pour gagner les municipales, il faut rassembler la droite et le centre et incarner une espérance pour les Français. Je considère qu'aujourd'hui, seul mon programme permet cette reconquête", ajoute-t-il.

L'ancien Premier ministre se distingue par ailleurs du secrétaire général de l'UMP en déclarant que "seule une menace sur les libertés fondamentales" le ferait descendre dans la rue.

Jean-François Copé a récemment menacé d'appeler à manifester contre la politique du gouvernement s'il était élu à la présidence de l'UMP, amenant la majorité socialiste à dénoncer une "surenchère dangereuse". (voir )

"Si cliver, c'est opposer les Français les uns aux autres, c'est une faute. Mais si c'est cesser de se soumettre au politiquement correct et porter les aspirations du peuple français dans son ensemble, c'est un devoir", déclare au Figaro le secrétaire national de l'UMP Guillaume Peltier, rallié à Jean-François Copé et porteur de la motion "La droite forte".

"Ma conviction est que la droite de demain ne peut plus se permettre d'avoir honte d'elle-même", ajoute-t-il, disant voir en la personne du maire de Meaux "un homme de rassemblement".

Les militants UMP éliront leur président le 18 novembre prochain.

Chine Labbé, édité par Patrick Vignal

 
<p>Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; (&agrave; droite) et Fran&ccedil;ois Fillon, sur le plateau TV de "Des Paroles et des Actes". L'ancien Premier ministre dit avoir pour "inqui&eacute;tude" une droitisation de l'UMP en cas d'&eacute;lection de son rival et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'UMP &agrave; la t&ecirc;te du principal parti de droite fran&ccedil;ais. /Photo prise le 25 octobre 2012/REUTERS/Philippe Wojazer</p>