Martine Aubry chez une juge dans le dossier de l'amiante

mardi 6 novembre 2012 14h39
 

PARIS (Reuters) - L'ancienne dirigeante du Parti socialiste Martine Aubry est convoquée ce mardi chez la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy dans le dossier de l'amiante, où elle pourrait être mise en examen pour "homicides involontaires".

La maire de Lille est visée dans le volet administratif du dossier, visant à déterminer les responsabilités de l'administration française dans le retard pris pour interdire l'amiante, à l'origine de cancers du poumon.

De 1984 à 1987, Martine Aubry était directrice des relations du travail, un poste chargé notamment d'édicter les réglementations pour la protection des travailleurs.

Sans attendre l'issue de l'audition, les avocats de la maire de Lille ont annoncé mercredi dernier qu'ils réclameraient l'annulation de sa mise en examen.

Mes Yves Baudelot, Marie-Laure Barré et Christian Charrière-Bournazel se disaient "stupéfaits de voir que ceux qui ont consacré la plus grande partie de leur vie à protéger les droits de nos concitoyens, soient mis en examen ou susceptibles de l'être et non entendus comme témoins."

La Cour de Justice de la République a mis hors de cause, par une décision du 7 décembre 2000, 13 anciens ministres de l'Industrie et du Logement dans le dossier de l'amiante, ont-ils souligné.

Après une décision marquante en Italie, en février dernier, les associations de victimes de l'amiante et un syndicat de magistrats avaient demandé l'accélération des poursuites pénales visant les ravages d'une fibre qui fait des milliers de morts par an en France.

Une juridiction de Turin a condamné l'ancien propriétaire du groupe suisse Eternit, spécialisé dans les matériaux de construction en amiante et l'actionnaire belge de sa filiale italienne à seize ans de prison pour négligence ayant entraîné au moins 2.000 décès.

Cette décision a attisé l'amertume des associations de victimes en France qui ont vu en décembre la cour d'appel de Paris annuler la mise en examen pour "homicides involontaires" de Joseph Cuvelier, qui fut directeur général puis président du directoire d'Eternit France entre 1972 et 1994.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

 
<p>Op&eacute;ration de d&eacute;samiantage &agrave; Nantes. Martine Aubry est convoqu&eacute;e ce mardi chez la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy dans le dossier de l'amiante, o&ugrave; elle pourrait &ecirc;tre mise en examen pour "homicides involontaires". L'ancienne dirigeante du Parti socialiste est vis&eacute;e dans le volet administratif du dossier. /Photo d'archives/REUTERS</p>