Le ton monte entre Manuel Valls et la famille d'Aurore Martin

lundi 5 novembre 2012 18h32
 

PARIS (Reuters) - Le ton est monté d'un cran lundi entre le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls et les proches d'Aurore Martin, militante nationaliste basque française remise à la justice espagnole, concernant son arrestation.

Soupçonnée par l'Espagne de soutien à l'organisation armée ETA en raison de son appartenance au parti Batasuna, vu comme lié aux activistes, Aurore Martin a été remise à l'Espagne en vertu d'un mandat d'arrêt européen jeudi dernier après une arrestation lors d'un contrôle routier présenté comme fortuit.

Il ne s'agissait pas d'une extradition, où la décision politique est obligatoire, mais d'une procédure européenne où les magistrats des deux pays traitent directement.

Manuel Valls a donc nié tout rôle dans l'affaire. "J'ai été simplement informé de son arrestation après la prise en charge par la police judiciaire", dit-il dans un entretien au Parisien publié lundi. Il estime ne pas avoir à s'expliquer ou s'excuser car, dit-il, "dans nos sociétés, il n'y a pas de place pour des actes ou des discours de violence".

"Le fait que Batasuna ne soit pas interdit en France n'a aucune incidence sur l'application de la légalité européenne", ajoute Manuel Valls. Batasuna est légal en France mais interdit en Espagne.

La famille et les amis d'Aurore Martin, écrouée dans l'attente de son procès, a publié ensuite un communiqué où ils traitent le ministre de "menteur".

Son arrestation, disent-ils, a été programmée, n'était pas fortuite et a mis fin à une situation où Aurore Martin n'était pas inquiétée.

Ils en veulent pour preuves qu'elle a obtenu une carte grise à son nom pour sa voiture le 11 septembre, s'est fait établir une carte d'identité en mairie, a demandé à bénéficier de l'allocation RSA le 18 octobre et s'est inscrite à Pôle emploi en avril 2012.

"Nous ne croyons pas à un contrôle fortuit", écrivent-ils, disant penser à un accord avec l'Espagne.

"Nous en appelons à l'arbitrage de François Hollande qui, lors de la campagne présidentielle, avait parlé de clémence pour Aurore. Nous vous demandons de faire tout votre possible pour qu'Aurore revienne parmi nous et que la vérité sur les circonstances de son arrestation soit faite", dit le communiqué.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

 
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