Les médecins de Strasbourg prescrivent le sport sur ordonnance

lundi 5 novembre 2012 13h30
 

STRASBOURG (Reuters) - Les habitants de Strasbourg souffrant de certaines maladies chroniques peuvent se faire prescrire une activité physique auprès de leur médecin traitant, à la place ou en complément d'une liste de médicaments.

Baptisée "Sport-santé sur ordonnance", cette expérimentation, lancée pour un an, associe la ville de Strasbourg, la caisse du Régime local d'assurance maladie, l'Agence régionale de santé et plusieurs partenaires associatifs. Une cinquantaine de médecins généralistes ont accepté d'y participer.

"Il ne s'agit pas de créer une dépense supplémentaire pour la Sécurité sociale", a souligné le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, en présentant l'opération lundi.

"On est peut-être dans une substitution, voire dans une économie, l'idée étant d'avoir des ordonnances moins médicamenteuses", a-t-il ajouté.

L'expérimentation elle-même sera entièrement prise en charge par la municipalité et ses partenaires qui mettent à disposition leurs moyens humains et techniques. Son coût est évalué à près de 129.000 euros.

Elle s'adresse en priorité aux personnes atteintes de maladies chroniques liées à la sédentarité que sont l'obésité, le diabète de type 2 (non insulinodépendant) et les maladies cardiovasculaires stabilisées.

"Les études prouvent qu'en marchant une demi-heure par jour ou en faisant un peu de jogging à son niveau, on augmente l'espérance de vie de six ans et on améliore l'activité de son cerveau", a affirmé Michel Cimes, médecin et animateur d'émissions de télévision sur la santé qui soutient l'initiative strasbourgeoise.

Pratiquement, les personnes dont le médecin aura estimé qu'elles peuvent tirer bénéfice d'une activité physique modérée se rendront, munies d'une prescription, auprès d'un éducateur sportif de la ville qui les orientera et pratiquera, s'il le faut, avec elles, une remise à niveau.

Les activités offertes iront du vélo - la ville en met 200 à disposition - à la marche nordique en passant par la gymnastique douce, la natation et l'aviron.

Quelque 400 personnes devraient en bénéficier durant l'année test. Son bilan devrait être suivi de près au niveau national.

Daniel Bouffier, directeur régional de la Jeunesse et des sports en Alsace, a souligné que l'initiative strasbourgeoise rejoignait les préoccupations exprimées par les ministres de la Santé et des Sports dans une communication en conseil des ministres, le 10 octobre dernier.

L'Académie de médecine a récemment recommandé dans un rapport d'intégrer le sport à la liste des prescriptions médicales prises en charge par la Sécurité sociale.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

 
<p>Les habitants de Strasbourg souffrant de certaines maladies chroniques peuvent se faire prescrire une activit&eacute; physique aupr&egrave;s de leur m&eacute;decin traitant, &agrave; la place ou en compl&eacute;ment d'une liste de m&eacute;dicaments. Lanc&eacute;e pour un an, cette exp&eacute;rimentation associe la ville, la caisse du R&eacute;gime local d'assurance maladie, l'Agence r&eacute;gionale de sant&eacute; et plusieurs partenaires associatifs. /Photo d'archives/REUTERS/Rick Wilking</p>