Valls et Taubira se défendent dans l'affaire Aurore Martin

samedi 3 novembre 2012 21h23
 

PARIS/BORDEAUX (Reuters) - Le ministre français de l'Intérieur et sa collègue de la Justice se sont défendus samedi d'avoir joué un rôle dans l'arrestation et l'extradition en Espagne de la militante indépendantiste basque française Aurore Martin.

Dans un entretien accordé à Sud-Ouest Dimanche, Manuel Valls assure "n'avoir pris aucune décision" dans la mise en application jeudi du mandat d'arrêt européen (MAE) émis à l'encontre de la jeune femme par les autorités espagnoles.

La remise à la justice espagnole d'Aurore Martin, 33 ans, qui risque jusqu'à 12 ans de prison, a suscité une vive émotion dans le Pays basque français.

Le ministre socialiste de l'Intérieur a été mis en cause par de nombreux responsables politiques, y compris de gauche, et par des dirigeants associatifs de tous bords.

"L'exécution du MAE est une décision de la justice. La décision a été appliquée sous l'autorité du parquet général de Pau. Ce n'est pas du ressort du ministre de l'Intérieur que je suis. Je n'ai pris ici aucune décision", se défend-il.

Il nie également toute opération organisée pour arrêter la jeune femme : "Aurore Martin a été arrêtée lors d'un contrôle routier habituel en cette période de vacances. Je démens toute autre version des faits."

Christiane Taubira précise dans un communiqué que la jeune femme a été interpellée lors d'un contrôle d'alcoolémie aléatoire avant d'être conduite à la frontière, à Biriatou, où elle a été remise aux autorités espagnoles.

Selon la Garde des Sceaux, elle a comparu vendredi matin devant un juge de Madrid et a été placée sous mandat de dépôt.

La ministre française de la Justice explique que cette extradition s'inscrit dans "le strict cadre" du mandat d'arrêt européen émis le 13 octobre 2010 par l'Espagne pour "des faits de participation à une organisation terroriste".   Suite...

 
<p>Manuel Valls et Christiane Taubira &agrave; Matignon. Le ministre de l'Int&eacute;rieur et sa coll&egrave;gue de la Justice se sont d&eacute;fendus samedi d'avoir jou&eacute; un r&ocirc;le dans l'arrestation et l'extradition en Espagne de la militante ind&eacute;pendantiste basque fran&ccedil;aise Aurore Martin. /Photo prise le 22 octobre 2012/REUTERS/Charles Platiau</p>