Manuel Valls critiqué après la remise d'Aurore Martin à Madrid

vendredi 2 novembre 2012 21h30
 

BORDEAUX (Reuters) - L'arrestation par la France et la remise aux autorités espagnoles de la militante basque française Aurore Martin, membre du parti indépendantiste Batasuna, ont fait monter la tension au Pays Basque vendredi.

Des élus communistes, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et même socialistes, ont critiqué la décision du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, accusé d'aller encore plus loin que son prédécesseur UMP.

"Ce que (Claude) Guéant n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles.

"Nous reprochons à Manuel Valls de ne pas respecter le droit français", a déclaré sur i>TELE le député EELV Noël Mamère, accusant le ministre de vouloir se construire une image de fermeté sur le dos d'Aurore Martin.

Le Front national a estimé dans un communiqué "qu'en aucun cas un gouvernement français ne doit extrader ses nationaux".

Aurore Martin, 33 ans, a été interpellée jeudi par la gendarmerie lors d'un contrôle routier fortuit à Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), en exécution d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne le 13 octobre 2010 et validé le 16 décembre suivant par la justice française.

La justice espagnole reproche à Aurore Martin ses liens avec le parti indépendantiste Batasuna, illégal dans ce pays car considéré comme lié à l'organisation politico-militaire ETA, mais légal en France. Elle a notamment participé à deux réunions publiques de cette organisation.

Entrée durant six mois dans la clandestinité avant de réapparaître et de recevoir le soutien de nombreux politiques, Aurore Martin avait épuisé tous les recours possibles.

Les soutiens de la jeune femme, parmi lesquels la Ligue des droits de l'Homme, reprochent aux autorités françaises d'accepter de livrer un de ses ressortissants à un autre pays pour des faits qui ne sont pas condamnables en France.   Suite...

 
<p>L'arrestation par la France et la remise aux autorit&eacute;s espagnoles de la militante basque fran&ccedil;aise Aurore Martin, membre du parti ind&eacute;pendantiste Batasuna, ont fait monter la tension au Pays Basque vendredi et suscit&eacute; des critiques de la part d'&eacute;lus de la r&eacute;gion. /Photo prise le 3 octobre 2012/REUTERS/Philippe Wojazer</p>