Arnaud Montebourg pour un donnant-donnant sur la compétitivité

vendredi 2 novembre 2012 19h06
 

PARIS (Reuters) - Pour relancer la compétitivité des entreprises françaises, Arnaud Montebourg recommande un allégement de 20 milliards d'euros des cotisations patronales en échange d'investissements de la part des entreprises, selon un document dévoilé vendredi par Les Echos.

Le rapport Gallois sur la compétitivité des entreprises françaises sera remis lundi au Premier ministre, avant la tenue d'un séminaire gouvernemental sur le sujet mardi.

Dans le cadre de ce débat, le ministre du Redressement productif préconise de réduire les charges sociales patronales de 20 milliards d'euros pour les salaires compris entre 1,6 et 2,5 fois le smic, selon un document rédigé fin octobre auquel Les Echos ont eu accès.

Mais Arnaud Montebourg recommande une démarche qu'il qualifie de "donnant-donnant", précise le quotidien. Cette baisse d'environ 8% du coût du travail serait ainsi réservée aux entreprises qui investissent dans la création de nouveaux produits ou processus. La réduction de charges s'élèverait alors à la moitié de l'investissement.

Une telle mesure concernerait environ 3,1 millions de personnes, dont un million dans l'industrie et permettrait de créer plusieurs centaines de milliers d'emplois, selon la note du ministre, qui évoque une "évolution de compétitivité du même ordre de grandeur que celui réalisé par l'Allemagne dans les années 2000".

Pour la financer, Arnaud Montebourg propose de mettre à contribution, entre autres, la restauration, le secteur bancaire et l'immobilier.

Il suggère également une baisse des dotations de l'Etat aux collectivités locales, des prélèvements accrus sur "les retraités les plus fortunés", une "plus grande progressivité" des allocations familiales ou encore la création d'une taxe carbone aux frontières.

Rejetant le "choc" de compétitivité réclamé par les entreprises, le gouvernement envisage un transfert progressif de cotisations sociales, réparti sur le quinquennat et financé par un cocktail de prélèvements qui pourrait éventuellement inclure une hausse de la TVA réduite sur la restauration.

À en croire des fuites répercutées par Le Figaro, Louis Gallois, qui plaidait en juillet pour un "choc" de 30 à 50 milliards d'euros de baisses de charges, envisagerait désormais un transfert de 30 milliards sur deux ou trois ans.

Chine Labbé

 
<p>Pour relancer la comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises fran&ccedil;aises, Arnaud Montebourg recommande un all&eacute;gement de 20 milliards d'euros des cotisations patronales en &eacute;change d'investissements de la part des entreprises, selon un document d&eacute;voil&eacute; vendredi par Les Echos. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic</p>