Pièces à charge critiquées dans l'affaire des paris de handball

vendredi 2 novembre 2012 15h35
 

PARIS (Reuters) - La publication vendredi de procès-verbaux accréditant pour les enquêteurs le scénario d'une opération de paris frauduleux menée par des vedettes du handball français et leurs compagnes a été critiquée par la défense qui y voit la preuve d'un coup monté.

Le journal Libération publie les déclarations à la police de Jennifer Priez, compagne du joueur Luka Karabatic, et l'extrait d'une conversation téléphonique, enregistrée par la police, où elle dit à sa mère avoir voulu, par ces paris, "niquer le système". Elle assure aussi ne pas avoir de remords car la victime, dit-elle, n'était que la Française des jeux.

"Convenez-vous qu'il s'agit d'aveux à demi-mots?", lui demandent les policiers à la lecture de ces mots. "Ça avait pris une telle ampleur que j'ai dit qu'il n'y avait pas mort d'homme", répond-t-elle.

Son avocat Antoine Camus a déclaré à Reuters qu'il voyait dans la divulgation de ces déclarations la preuve d'une malveillance. "Ce dossier ressemble de plus en plus à une affaire montée de toutes pièces", a-t-il dit, disant soupçonner l'existence "d'une taupe voulant souffler sur les braises".

Treize personnes, des joueurs du club de Montpellier -dont la star de l'équipe de France Nikola Karabatic- et certains de leurs proches ont été mis en examen début octobre pour escroquerie ou complicité, en raison de paris d'un montant total d'environ 90.000 euros sur un match perdu en mai par le club face à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine).

La justice envisage un trucage du match suivi d'une opération concertée de paris. Selon les procès-verbaux publiés par Libération, Jennifer Priez a admis avoir reçu 4.500 euros en espèces de son compagnon pour parier sur le match qui, dit-elle, "était selon lui perdu d'avance".

Luka Karabatic a parié lui-même 3.900 euros. Jennifer Priez explique aux policiers: "le bureau de tabac dans lequel il a joué est tenu par des Asiatiques qui ne parlent pas bien le français, donc il pensait avoir moins de risques".

Géraldine Pillet, compagne de Nikola Karabatic, a assuré avoir parié de son propre chef, mais les policiers ont remarqué qu'elle avait misé 1.500 euros trois jours après que son compagnon eut retiré une somme du même montant de son compte en banque, dit Libération.

L'examen des factures téléphoniques de la jeune femme montre de très nombreux appels avec les autres joueurs impliqués au moment des faits, ce qui fait dire aux policiers qu'elle semble avoir été la "tour de contrôle du dispositif".   Suite...

 
<p>La publication vendredi dans le quotidien Lib&eacute;ration de proc&egrave;s-verbaux accr&eacute;ditant pour les enqu&ecirc;teurs le sc&eacute;nario d'une op&eacute;ration de paris frauduleux men&eacute;e par des vedettes du handball fran&ccedil;ais et leurs compagnes a &eacute;t&eacute; critiqu&eacute;e par la d&eacute;fense qui y voit la preuve d'un coup mont&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard</p>