Appel pour la paix de deux écrivains, israélien et arabe

samedi 6 octobre 2012 20h28
 

STRASBOURG (Reuters) - Boualem Sansal et David Grossmann, deux écrivains, l'un algérien, l'autre israélien, ont lancé samedi à Strasbourg un appel pour la paix au Proche-Orient et dans le reste du monde, qu'ils invitent les écrivains du monde entier à rejoindre.

Les deux intellectuels ont mis à profit le premier Forum mondial de la démocratie, organisé à l'initiative du Conseil de l'Europe à Strasbourg, symbole de la réconciliation franco-allemande, pour lancer leur initiative.

"Le projet de paix", qui s'est dessiné au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, "ne concernait que l'Occident. On avait oublié le reste du monde", écrivent-t-ils dans un texte expliquant leur appel.

"L'évolution de certains pays fait craindre le pire", ajoutent-ils en évoquant les menaces que font peser sur l'humanité le terrorisme, le fondamentalisme radical et la perspective d'une guerre entre Israël et l'Iran, sur fond de course aux armements nucléaires.

"Il est urgent que la communauté internationale intervienne fermement pour mettre sous contrôle le programme nucléaire iranien et s'engage résolument dans le règlement du conflit israélo-palestinien", concluent-ils, en prônant "la création d'un Etat palestinien, à côté de l'Etat d'Israël".

L'appel des écrivains devrait prendre la forme d'un réseau dont le secrétariat sera installé à Strasbourg. Une première liste de signataires sera dévoilée le 11 octobre.

Boualem Sansal, auteur de 63 ans, qui a publié récemment "Rue Darwin", est connu pour son attitude critique tant vis-à-vis des islamistes que du gouvernement algérien.

En mars 2012, il était l'invité d'honneur du Festival international des écrivains de Jérusalem.

A son retour, il a publié un texte dans le quel il écrit : "Je suis allé à Jésusalem et j'en suis revenu riche et heureux" - un texte qui a suscité de vives réactions en Europe, en Israël et dans le monde arabe.

C'est dans la ville sainte des trois religions monothéistes qu'il a rencontré David Grossmann, romancier et essayiste de 58 ans, qui a publié en 2011 "Une femme fuyant l'annonce", prix Médicis étranger en France, lui-même engagé en faveur de la paix entre Israël et la Palestine.

Gilbert Reilhac, édité par Emmanuel Jarry

 
<p>Boualem Sansal (photo), &eacute;crivain al&eacute;g&eacute;rien, a lanc&eacute; samedi &agrave; Strasbourg avec l'&eacute;crivain isra&eacute;lien David Grossmann, un appel pour la paix au Proche-Orient et dans le reste du monde. /Photo prise le 9 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Morris Mac Matzen</p>