Mélenchon a un programme commun avec Hollande: "virer Sarkozy"

mercredi 18 avril 2012 21h18
 

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il appellera à voter pour François Hollande au second tour parce que leur "programme commun" est de "virer" Nicolas Sarkozy, ce qui devrait permettre à la gauche radicale d'accéder au pouvoir dans dix ans.

Dans les Echos, à paraître jeudi, le candidat du Front de gauche, qui espère arriver troisième au soir du premier tour de la présidentielle, explique avoir besoin "de la défaite de Nicolas Sarkozy pour continuer à avancer".

Invité sur TF1, François Hollande a souligné qu'il ne briguait pas seulement l'Elysée pour battre le président sortant, mais pour changer le pays.

"Je suis candidat non pas simplement pour sortir Nicolas Sarkozy, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, je suis candidat pour permettre un changement en France", a-t-il dit.

François Hollande a répété qu'il écouterait "les messages" des Français entre les deux tours mais "qu'il ne négocierait pas", car ce n'est pas dans "la logique de l'élection présidentielle".

Jean-Luc Mélenchon, qui avait déjà pris acte du fait que le candidat socialiste n'entendait pas négocier son programme, écarte toujours toute participation à un gouvernement de François Hollande.

"Mon intention est que nous soyons au pouvoir dans dix ans. Si Nicolas Sarkozy perd l'élection, la brèche est ouverte en Europe. Nicolas Sarkozy est une proie plus tendre pour la finance internationale que ne l'est François Hollande", dit-il dans son interview aux Echos.

Prié de dire pourquoi, donc, il appellerait à voter pour le favori des sondages, le leader du Front de gauche répond : "On veut virer Sarkozy ! Cela fait un programme commun !".

Selon lui, François Hollande sera obligé d'en venir à ses méthodes à l'égard des milieux financiers et "il suffit d'attendre."

"La finance l'attaquera lui comme elle a attaqué Sarkozy. Il n'aura alors que deux solutions : résister ou capituler. Et je fais le pari qu'il fera le choix de résister. Et il ne fera pas avec les ectoplasmes qui l'entourent", dit-il.

"Je ne suis pas candidat pour être le Premier ministre de François Hollande mais pour conquérir le pouvoir, tout le pouvoir", ajoute-t-il.

Jean-Luc Mélenchon, qui préconise des mesures fortes contre la "logique libérale", estime que sous le gouvernement Jospin, de 1997 à 2002, la gauche du PS avait "donné le tempo" avec les 35 heures sans perte de salaire et l'alliance rouge-rose-verte.

"Nous avons eu une contribution utile. A la fin de la législature, le rapport de force s'est dégradé. Le mouvement socialiste a fini par être contaminé par l'orientation blairiste social-libérale, à laquelle François Hollande est d'ailleurs très lié", estime-t-il.

Le leader du Front de gauche dément que ses alliés communistes soient tentés par une participation gouvernementale si le candidat PS l'emporte.

"De toute façon, les communistes vont voter sur cette question. Je prends le pari qu'ils voteront contre", dit-il.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

 
<p>Jean-Luc M&eacute;lenchon affirme qu'il appellera &agrave; voter pour Fran&ccedil;ois Hollande au second tour parce que leur "programme commun" est de "virer" Nicolas Sarkozy, ce qui devrait permettre &agrave; la gauche radicale d'acc&eacute;der au pouvoir dans dix ans. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>