February 29, 2012 / 4:33 PM / 5 years ago

"I am not dangerous" pour la finance, dit Hollande à Londres

5 MINUTES DE LECTURE

<p>En visite &agrave; Londres, berceau de la "City", Fran&ccedil;ois Hollande, ici avec le chef du Labour Ed Miliband, a plaid&eacute; mercredi pour une meilleure r&eacute;gulation de la finance europ&eacute;enne et soulign&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; d'une approche commune sur ce point avec l'opposition travailliste au Royaume-Uni. /Photo prise le 29 f&eacute;vrier 2012/Lefteris Pitarakis/Pool</p>

par Elizabeth Pineau et Catherine Bremer

LONDRES (Reuters) - "I'm not dangerous". En visite à Londres, berceau de la "City", François Hollande a plaidé mercredi pour une meilleure régulation de la finance européenne et reçu, sur ce point, le soutien de l'opposition travailliste au Royaume-Uni.

Ce thème de la "finance folle" a constitué le fil rouge du déplacement du candidat socialiste à l'élection présidentielle, qui a rencontré le chef du Labour Ed Miliband, prononcé un discours devant des étudiants du King's College et présidé une réunion publique.

"I'm not dangerous" ("Je ne suis pas dangereux"), a plaisanté l'ancien premier secrétaire du PS, accueilli à sa descente de l'Eurostar par une trentaine de militants. "Nous avons besoin de davantage de régulation, partout."

François Hollande, qui a fait de la finance son "principal adversaire" dans la campagne, a plaidé avec Ed Miliband pour une "approche commune" vers plus de régulation et de justice en Europe.

"Je voulais venir ici à Londres pour rencontrer Ed Miliband pour dire ensemble que nous souhaitons que la croissance en Europe puisse être encouragée, stimulée et que nous avons besoin d'une Europe qui ait cette vision", a-t-il dit lors d'une conférence de presse dans le bureau de son hôte au Parlement.

"Nous sommes aussi venus ici à Londres pour dire que la finance doit être au service de l'économie, doit permettre de créer de la richesse et non pas s'enrichir sur l'activité économique réelle", a ajouté le candidat.

C'est "la finance non régulée" qui est à l'origine de la crise de 2007, a souligné Ed Miliband. "Nous devons réformer la façon dont fonctionne la finance et le capitalisme (...) Nous sommes deux dirigeants qui avons une approche commune".

Alors que la Grande-Bretagne taxe à 50% ses plus hauts revenus, François Hollande a de nouveau justifié son choix, très commenté en France, de taxer à 75% les personnes qui gagnent plus d'un million d'euros par an.

"Chacun Doit Montrer L'exemple"

"Moi ce que je veux, c'est envoyer un signal : que dans les plus grandes entreprises, avant de distribuer des rémunérations qui dépassent un million d'euros par an, il y ait une prise en compte de ce qu'est la réalité sociale de notre pays", a-t-il expliqué. Pour lui, créer un taux marginal d'imposition à 75% "doit servir justement de dissuasion".

"Chacun doit montrer l'exemple, surtout ceux qui sont au plus haut dans la hiérarchie sociale", a-t-il ajouté.

Dans les villes européennes visitées depuis l'automne, le candidat socialiste a été reçu par des leaders de gauche mais pas par les dirigeants conservateurs en exercice comme David Cameron en Grande-Bretagne et Angela Merkel en Allemagne.

"Je viens dans les pays européens pour rencontrer ceux qui sont les plus proches de ma démarche", a-t-il dit à ce sujet. "Nous sommes aujourd'hui dans l'opposition mais nous devons nous retrouver sur des positions communes pour demain préparer les changements dans nos pays respectifs".

Les prochaines élections en Grande-Bretagne auront lieu en 2015. En attendant, François Hollande a dit de pas être "fâché du tout" de l'absence d'entretien avec David Cameron, qui a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy.

François Hollande a ensuite prononcé un discours sur la jeunesse devant une centaine d'étudiants du King's College.

"Je voudrais que les progressistes d'Europe prennent le seul engagement de faire en sorte de tout consacrer à la réussite de la génération à venir. C'est ça la nouvelle social-démocratie, le nouveau socialisme", a dit le candidat, qui a fait de ce thème une idée-force de son programme.

Il en a reparlé en fin d'après-midi devant 200 des quelque 150.000 Français qui vivent à Londres réunis dans un gymnase.

"La campagne, elle se fait aussi ici, à Londres (...) pour que notre pays change, et il va changer", a-t-il dit, apportant son soutien à Axelle Lemaire, candidate à la députation pour les Français de l'étranger pour l'Europe du Nord.

Face aux nombreux journalistes, François Hollande s'est prêté à plusieurs reprises au jeu du franglais, se présentant pas exemple comme "François le Rose" là où les Britanniques surnomment Miliband "Red Ed" ("Ed le Rouge").

Edité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below