21 février 2012 / 06:18 / il y a 6 ans

Retour à Rungis pour Nicolas Sarkozy, qui tacle Marine Le Pen

<p>Le candidat Nicolas Sarkozy a critiqu&eacute; mardi une pol&eacute;mique sur la viande halal "qui n'a pas lieu d'&ecirc;tre" lors d'une visite matinale chez les professionnels de la boucherie du march&eacute; de Rungis, au sud de Paris. /Photo prise le 21 f&eacute;vrier 2012/Philippe Wojazer</p>

par Emmanuel Jarry

RUNGIS, Val-de-Marne (Reuters) - Nicolas Sarkozy est revenu mardi avant l'aube sur un des lieux de sa campagne présidentielle de 2007, le marché de Rungis, pour saluer la France "qui travaille dur" et dénoncer une polémique sur la viande halal.

Arrivé à 6h20 au pavillon de la viande, le chef de l'Etat a arpenté plus d'une heure durant les allées de ce marché de gros de la viande de boucherie et de la volaille, au sud de Paris, avant de prendre le petit-déjeuner avec des professionnels.

"Je vais à la rencontre des gens qui travaillent dur", a déclaré le président, candidat à un second mandat.

Il avait un autre message à délivrer après les propos de la candidate du Front national à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, selon qui la viande distribuée en Ile-de-France serait abattue selon le rite musulman, "à l'insu du consommateur".

"Il y a toujours des gens qui veulent se faire remarquer en faisant des polémiques sur le dos d'autres qui travaillent, qui ont gagné la confiance du consommateur", a-t-il déclaré.

Nicolas Sarkozy a déclaré que la consommation de viande halal et kascher en Ile-de-France représentait 2,5% des 200.000 tonnes de viande consommée dans la région capitale.

"Est-ce que vraiment ça vaut le coup de faire une polémique pour ça?" a-t-il demandé. "Qu'est-ce qu'on veut? Miner la confiance du consommateur? Mentir? Pourquoi?"

"Il y a vraiment des choses dont on doit débattre. Mais aller jeter la suspicion sur des artisans, sur des commerçants, sur des éleveurs (...) pour gagner quelques voix, est-ce que c'est à la hauteur du débat? Je ne pense pas."

"SOUTENIR LE TRAVAIL"

Marine Le Pen, dont les chances d'être au second tour de la présidentielle le 6 mai semblent diminuer au fil des sondages, a réaffirmé sur France Inter qu'elle entendait intenter une action en justice pour "tromperie".

Nicolas Sarkozy a également profité de son passage à Rungis pour défendre ses propositions en matière d'apprentissage et de formation des chômeurs, auprès de professionnels qui se plaignent de ne pas trouver de jeunes à embaucher.

Le chef de l'Etat envisage de soumettre à référendum une réforme de l'indemnisation et de la formation des chômeurs.

"Il n'y a pas une entreprise sur le site qui ne m'ait dit qu'elle avait des emplois, des postes pour des jeunes, qu'elle était prête à embaucher et ne comprenait pas parce qu'elle n'arrivait pas à trouver de la main d'oeuvre", a-t-il dit.

"Donc il faut orienter les jeunes vers l'apprentissage, vers la formation professionnelle, il faut que chacun bénéficie d'une formation qualifiante", a-t-il ajouté. "Et s'il y a blocage, il faudra que le peuple français tranche, dise ce qu'il veut."

En février 2007, Nicolas Sarkozy était déjà venu au petit matin à Rungis, où il avait passé plusieurs heures -il avait également visité le pavillon des fruits et légumes- et fait l'éloge de "la France qui se lève tôt", une des cibles de sa première campagne présidentielle.

"Je ne pense pas qu'on peut dire que c'est la même campagne mais je n'ai pas changé d'avis", a-t-il confié. "Mon idée c'est qu'il faut continuer à soutenir le travail (...) et dans cinq ans je penserai toujours la même chose."

CANDIDAT "TOUT À FAIT NORMAL"

Le chef de l'Etat, qui a multiplié les apartés avec des professionnels de la boucherie et de la volaille pendant sa visite, recueillant ici et là des encouragements, posant avec des hommes en tablier blanc maculé de sang, s'est présenté en "candidat comme les autres" et "tout à fait normal".

A un jeune commercial qui s'était levé à une heure et demie du matin, il a lancé : "On a la même vie!"

"On n'a pas la même femme!" a répliqué le jeune homme en faisant allusion à l'épouse du chef de l'Etat, l'ex-mannequin d'origine italienne Carla Bruni.

Plus tard, dans le pavillon des volailles, Nicolas Sarkozy, 57 ans, a échangé quelque mots sur la réforme de la retraite avec une femme de quelques mois sa cadette, qui lui a confié avoir commencé à travailler à 19 ans.

"Vous êtes né en janvier? Moi je suis de mai. Vous allez partir avant moi", lui a-t-elle dit. "Ça dépend quand!" a répondu le chef de l'Etat, à la traîne dans les sondages derrière le candidat socialiste, François Hollande.

"J'avais dit que cette campagne, je souhaitais la mener sans protocole, rencontrer les gens, parler avec eux. C'est comme ça que cette campagne sera utile pour la France", a-t-il expliqué plus tard à des journalistes. "Et puis les Français choisiront et ce qu'ils décideront, de toute manière, sera bien."

Il allait ensuite en Charente-Maritime, rencontrer notamment des salariés du groupe Alstom.

Edité par Patrick Vignal

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